Frappes américaines en Iran 2026 : anatomie d'une guerre
Le 28 février 2026, frappes américano-israéliennes en Iran, mort de Khamenei, riposte sur le Golfe : récit factuel et conséquences d'un conflit ouvert.

À retenir
- Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ouvrent une campagne de frappes visant le nucléaire, les missiles et la direction iranienne.
- Le Guide suprême Ali Khamenei est tué dès le premier jour ; son fils Mojtaba lui succède le 8 mars.
- La riposte iranienne frappe Israël et les pétromonarchies du Golfe, et vise le détroit d'Ormuz.
- Un cessez-le-feu entre en vigueur le 8 avril, mais les échanges de tirs se poursuivent jusqu'en juin 2026.
À l’aube du 28 février 2026, le Moyen-Orient bascule. Les États-Unis et Israël lancent une campagne de frappes contre l’Iran, visant ses installations nucléaires, ses missiles et le cœur du régime. Dès le premier jour, le Guide suprême Ali Khamenei est tué1. En quelques heures, la République islamique répond par des centaines de missiles et des milliers de drones. Une guerre ouverte commence, dont les répercussions dépassent largement la région.
Ce qui a déclenché l’offensive
Les frappes de février 2026 ne sortent pas du néant. Elles prolongent la « guerre de 12 jours » de juin 2025, lorsque Israël avait frappé l’Iran le 13 juin et que les États-Unis étaient entrés en lice le 21-22 juin avec des bombes anti-bunker sur les sites nucléaires de Fordo, Natanz et Ispahan2. Cette opération, baptisée « Midnight Hammer », avait mobilisé plus de 125 appareils, dont sept bombardiers B-2, et environ 75 munitions guidées — quatorze pénétrateurs GBU-57 sur Fordo et Natanz, plus de vingt missiles de croisière Tomahawk tirés d’un sous-marin sur Ispahan, le tout en vingt-cinq minutes3. Les évaluations initiales américaines parlaient de sites « gravement endommagés », sans certitude sur le sort de l’uranium déjà hautement enrichi3.
Huit mois plus tard, la question nucléaire reste l’argument central. Au moment des attaques de mi-2025, l’Iran avait accumulé près de 441 kg d’uranium enrichi à 60 %, seul État non doté à ce niveau selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)4. Faute d’inspections après le retrait des contrôleurs en juin 2025, l’agence dit ignorer l’état réel des stocks et des centrifugeuses, notamment sur un site souterrain déclaré à Ispahan4. C’est sur ce fond d’incertitude, et après l’échec de pourparlers indirects, que Washington conclut que la diplomatie est « épuisée » et opte pour une opération visant cette fois ouvertement un changement de régime5. La différence avec 2025 est de nature : l’été précédent, les frappes prétendaient « détruire ou dégrader gravement » le programme nucléaire pour ramener Téhéran à la table3 ; en 2026, l’objectif affiché s’élargit à la chute du régime, ce qui transforme une opération ciblée en guerre de durée. Cette montée en intensité explique la violence et l’étendue de la riposte iranienne qui suit.
Le déroulé : une décapitation, puis une riposte tous azimuts
La frappe inaugurale ne se contente pas de viser des installations : elle élimine le sommet du pouvoir. Outre Ali Khamenei, la guerre de 2025 avait déjà coûté la vie à des chefs militaires de premier plan — Hossein Salami, commandant des Gardiens de la révolution, Mohammed Bagheri, chef d’état-major, et Amir Ali Hajizadeh, chef de la force aérospatiale des Gardiens — ainsi qu’à au moins quinze scientifiques du nucléaire2. La séquence de 2026 vise donc une direction déjà éprouvée, mais frappe cette fois le sommet symbolique du régime. Sur le plan humain, la guerre de douze jours de 2025 avait déjà fait, côté iranien, entre 1 060 et 1 190 morts selon les bilans, contre 33 côté israélien2 ; la campagne de 2026, plus longue, élargit encore le coût pour les civils des deux camps.
La réponse iranienne est immédiate et géographiquement large. Téhéran cible des ambassades américaines, des installations militaires et des infrastructures pétrolières dans toute la région5. Surtout, l’Iran s’en prend aux pétromonarchies du Golfe : début juin 2026, des drones endommagent un terminal de l’aéroport international du Koweït, tuant une personne, tandis que les Gardiens visent la base aérienne d’Ali Al Salem et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn6. La grille de lecture d’une guerre « à sens unique » ne tient pas : même affaiblie, la République islamique conserve une capacité de nuisance régionale réelle, comme le montre l’analyse des réseaux du pouvoir en Iran.
Une succession verrouillée par les Gardiens
La mort de Khamenei ouvre une transition que beaucoup imaginaient chaotique. Elle est en réalité expédiée. Le 8 mars 2026, son fils Mojtaba Khamenei est désigné Guide suprême7. Selon plusieurs sources, les Gardiens de la révolution ont orchestré ce choix en forçant un vote rapide et en pesant sur l’Assemblée des experts8. Donald Trump avait jugé par avance une telle nomination « inacceptable »7.
Mojtaba Khamenei, longtemps gestionnaire de l’ombre du bureau de son père, n’a jamais exercé de fonction publique officielle et ne dispose pas des titres religieux qu’exige en principe le velayat-e faqih7. Sa désignation confirme moins une continuité cléricale qu’un glissement : l’autorité réelle migre vers l’appareil militaro-sécuritaire, le clergé conservant surtout un rôle de légitimation. Cette recomposition pèse sur toutes les relations de l’Iran avec ses voisins.
Le choc économique et la prudence des grandes puissances
Le conflit frappe vite l’économie mondiale. L’Iran ferme par intermittence le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux9. Le trafic de navires y chute à environ 5 % de son niveau d’avant-guerre, et le baril passe d’environ 70 dollars à une moyenne de 103 dollars en mars 2026 — la plus forte rupture d’approvisionnement jamais enregistrée selon le service de recherche du Congrès américain, équivalente à près de 10 % de la consommation mondiale9. La flambée profite paradoxalement à deux exportateurs : la Russie et, temporairement, l’Iran lui-même9.
Les grandes puissances avancent prudemment. La Chine et la Russie opposent leur veto, le 7 avril, à une résolution de l’ONU réclamant l’arrêt des attaques iraniennes contre Ormuz, tout en plaidant pour la liberté de navigation9. En Europe, la réponse est désunie : Emmanuel Macron qualifie les frappes d’« embrasement guerrier » lourd de « conséquences graves pour la paix internationale », réclame une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, mais rappelle que l’Iran « porte la responsabilité première » du conflit et que la France n’y a pas pris part10. Cette ligne de crête — condamner l’escalade sans dédouaner Téhéran — illustre le dilemme occidental, analysé plus avant dans notre dossier sur l’Iran comme risque stratégique.
Le signal à surveiller : un cessez-le-feu qui ne tient qu’à moitié
Un cessez-le-feu entre en vigueur le 8 avril 2026, après quarante jours de combats5. Mais il reste fragile : des frappes américaines et des tirs iraniens se poursuivent jusqu’en juin, malgré des pourparlers indirects et une ébauche d’accord fin mai que Donald Trump n’a pas entérinée6. L’indicateur décisif des prochains mois ne sera pas tant la rhétorique que la fréquence des incidents autour d’Ormuz et l’attitude de Mojtaba Khamenei : un Guide adoubé par les Gardiens peut durcir la ligne extérieure pour souder l’intérieur, ou au contraire chercher une sortie négociée. De cet arbitrage dépendra le retour, ou non, du pétrole sous la barre des 80 dollars. Trois inconnues résument l’équation : la solidité réelle du nouveau Guide face aux Gardiens, la capacité des médiateurs — Oman, mais aussi Pékin, qui a poussé à un cessez-le-feu — à transformer une trêve en accord, et la tentation de l’Iran d’entretenir un niveau de tension calibré, juste assez bas pour éviter une nouvelle décapitation, juste assez haut pour peser sur les marchés et ses voisins du Golfe.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Quand les frappes américaines de 2026 ont-elles commencé ?
La campagne américano-israélienne contre l'Iran a débuté le 28 février 2026. Elle visait les installations nucléaires, l'infrastructure balistique et la direction du régime, après que Washington eut conclu que la voie diplomatique était épuisée.
Ali Khamenei est-il mort dans les frappes ?
Oui. Le Guide suprême Ali Khamenei a été tué dès le premier jour de la guerre, le 28 février 2026. Son fils Mojtaba Khamenei, réputé plus intransigeant, a été désigné nouveau Guide suprême le 8 mars 2026.
Le conflit est-il terminé ?
Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril 2026, après quarante jours de combats. Mais des frappes américaines et des tirs iraniens se sont poursuivis jusqu'en juin 2026, malgré des pourparlers indirects sous médiation.
Quel a été l'impact sur le pétrole ?
Le prix du baril est passé d'environ 70 dollars avant la guerre à une moyenne de 103 dollars en mars 2026. Les perturbations autour du détroit d'Ormuz ont provoqué la plus forte rupture d'approvisionnement pétrolier jamais enregistrée.
Sources
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« 2026 Iran war », Encyclopædia Britannica, 2026. https://www.britannica.com/event/2026-Iran-war ↩
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Al Jazeera, « Visualising 12 days of the Israel-Iran conflict », Al Jazeera, 26 juin 2025. https://www.aljazeera.com/news/2025/6/26/visualising-12-days-of-the-israel-iran-conflict ↩ ↩2 ↩3
-
Congressional Research Service, « U.S. Strikes on Nuclear Sites in Iran », Congress.gov, juin 2025. https://www.congress.gov/crs_external_products/IN/PDF/IN12571/IN12571.1.pdf ↩ ↩2 ↩3
-
Al Jazeera, « IAEA urges Iran to allow inspections, points at Isfahan », Al Jazeera, 27 février 2026. https://www.aljazeera.com/news/2026/2/27/iaea-eyes-isfahan-nuclear-complex-as-it-urges-iran-to-allow ↩ ↩2
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House of Commons Library, « Israel/US-Iran conflict 2026: Background and UK response », UK Parliament, 2026. https://commonslibrary.parliament.uk/research-briefings/cbp-10521/ ↩ ↩2 ↩3
-
NPR, « Kuwait says Iranian drones hit airport and killed 1 as ceasefire is tested again », NPR, 3 juin 2026. https://www.npr.org/2026/06/03/g-s1-125566/iran-war-updates ↩ ↩2
-
Fortune, « Trump ceasefire gives Iran control of Strait of Hormuz; Mojtaba Khamenei is alive », Fortune, 8 avril 2026. https://fortune.com/2026/04/08/trump-ceasefire-iran-control-strait-of-hormuz-mojtaba-khamenei-alive/ ↩ ↩2 ↩3
-
The Times of Israel, « Iran’s Revolutionary Guards orchestrated selection of new supreme leader — sources », The Times of Israel, mars 2026. https://www.timesofisrael.com/iranian-revolutionary-guards-orchestrated-selection-of-new-supreme-leader-sources/ ↩
-
House of Commons Library, « Israel/US-Iran conflict 2026: Reopening the Strait of Hormuz », UK Parliament, 2026. https://commonslibrary.parliament.uk/research-briefings/cbp-10636/ ↩ ↩2 ↩3 ↩4
-
Euronews, « Europe reacts to US and Israeli attack on Iran as military operation spills into wider region », Euronews, 28 février 2026. https://www.euronews.com/my-europe/2026/02/28/europe-reacts-to-us-and-israeli-attack-on-iran-as-military-operation-spills-into-wider-reg ↩
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