La course mondiale à l'IA de défense et la compétition stratégique
Replicator, DAWG, intelligentisation de l'APL, débat onusien sur les armes autonomes : enquête sur la course mondiale à l'IA militaire et ses risques en 2026.

À retenir
- Washington a remplacé fin 2025 son initiative Replicator par le Defense Autonomous Warfare Group, dont le budget passerait de 225 millions à plus de 54 milliards de dollars demandés pour l'exercice 2027.
- Pékin a fait de l'« intelligentisation » de l'Armée populaire de libération un pilier doctrinal, illustré par des essaims de drones où un seul opérateur pilote des centaines d'appareils.
- L'Ukraine sert de banc d'essai à ciel ouvert où industriels et armées valident en conditions réelles des systèmes de plus en plus autonomes.
- Le récit de la course pousse à l'adoption rapide, au risque de rogner sur la fiabilité, le contrôle humain et le droit international.
- À Genève, le groupe d'experts de l'ONU vise un instrument juridiquement contraignant sur les armes létales autonomes d'ici fin 2026, sans garantie de consensus.
Le 9 janvier 2026, le Pentagone a publié une stratégie d’intelligence artificielle qui ne s’embarrasse pas de prudence sémantique : il s’agit d’accélérer « la domination militaire américaine en IA » et de devenir une force de combat « centrée sur l’IA », à « vitesse de guerre »1. Quelques mois plus tard, le ministère, rebaptisé Department of War, réclamait pour son nouveau bras armé de l’autonomie un budget passant de 225 millions à plus de 54 milliards de dollars en un seul exercice2. Au même moment, l’Armée populaire de libération diffusait les images d’un soldat pilotant à lui seul deux cents drones2. Bienvenue dans la course mondiale à l’IA de défense, où la conviction qu’une technologie décidera de l’ordre du monde est devenue, en soi, un puissant moteur d’escalade.
Une conviction partagée : qui dominera l’IA dominera la guerre
Ce qui frappe d’abord, c’est l’unanimité du diagnostic. Washington, Pékin, Moscou et les capitales européennes partagent la même intuition : la maîtrise de l’intelligence artificielle sera déterminante pour la puissance militaire et économique du siècle. Les analystes occidentaux la décrivent comme « le trait définissant la rivalité des grandes puissances au XXIᵉ siècle », les deux premières économies mondiales reconnaissant la supériorité en IA comme « fondamentale pour la domination militaire future »3. Côté chinois, le discours officiel ne dit pas autre chose, en miroir : l’« intelligentisation » est présentée comme « une nouvelle révolution dans les affaires militaires » destinée à contester l’avance américaine4.
Cette croyance partagée a une conséquence redoutable. Elle transforme l’incertitude technologique en impératif stratégique : puisque l’adversaire investit, ne pas suivre reviendrait à accepter le déclassement. C’est la logique classique du dilemme de sécurité, transposée au code informatique. Et c’est précisément ce qui distingue une compétition technologique ordinaire d’une véritable course : la peur d’être distancé devient plus structurante que l’évaluation froide des bénéfices réels. Plusieurs chercheurs en sécurité de l’IA avertissent d’ailleurs que cette course pourrait s’avérer « plus dangereuse que la rivalité nucléaire » du XXᵉ siècle, en raison de son rythme et de l’absence de régulation comprehensive3.
Pour comprendre ce qui se joue, il faut décomposer cette course en ses théâtres concrets. Trois retiennent l’attention : l’appareil américain, l’ambition chinoise, et le laboratoire grandeur nature qu’est devenue l’Ukraine.
Washington : de Maven à Replicator, l’institutionnalisation de l’IA de combat
L’histoire récente de l’IA militaire américaine se lit comme une montée en cadence. Tout commence en 2017 avec le Project Maven, effort discret de vision par ordinateur destiné à analyser automatiquement les images de drones. Confié depuis au Chief Digital and Artificial Intelligence Office (CDAO), le bureau du numérique et de l’IA doté d’environ 140 millions de dollars pour l’exercice 2025, Maven a vu son « pipeline » de développement transféré à l’agence de renseignement géospatial, signe d’une technologie passée du prototype à l’outil opérationnel5. Le CDAO concentre désormais une part croissante des marchés d’IA du Pentagone, attribués à des acteurs privés comme Palantir, Google ou Scale AI5 — illustration de la dépendance assumée du ministère envers la recherche et l’innovation duale civilo-militaire.
Le tournant le plus spectaculaire fut l’initiative Replicator, lancée en août 2023. L’objectif affiché : livrer en deux ans des milliers de systèmes autonomes peu coûteux et « attritionnels » — c’est-à-dire faits pour être perdus — afin d’opposer la masse à la masse face à l’armée chinoise6. Sur le papier, une réponse élégante au déséquilibre quantitatif dans le Pacifique. Dans les faits, un demi-échec instructif.
Replicator, l’échec qui a recadré l’ambition
Le Congressional Research Service le résume sans ménagement : à l’échéance d’août 2025, seules des « centaines » de systèmes avaient été livrées, et non les milliers promis6. Les drones retenus souffraient de problèmes techniques, peinaient à s’intégrer aux systèmes de commandement existants et coûtaient trop cher pour être produits en volume6. Surtout, le Pentagone n’avait pas su acquérir le logiciel capable d’orchestrer des essaims hétérogènes — le cerveau, plus que les corps, faisait défaut.
Fin 2025, Replicator a donc été dissous et absorbé dans une nouvelle structure, le Defense Autonomous Warfare Group (DAWG)2. Le changement n’est pas qu’administratif. Le DAWG déplace l’effort « du matériel vers le logiciel » : il s’agit désormais de tester en conditions réelles des outils d’orchestration de l’autonomie, en intégrant des équipes directement chez les industriels2. Et l’ambition budgétaire explose : la demande de 54,6 milliards de dollars pour l’exercice 2027 représente une hausse vertigineuse par rapport aux 225 millions de l’année précédente2. Le récit de la course se lit dans ces chiffres : après le revers, Washington ne ralentit pas, il accélère.
Pékin et l’« intelligentisation » : le pari du rattrapage par l’autonomie
Face à cet appareil, la Chine avance sa propre doctrine. L’« intelligentisation » (zhinenghua) désigne l’intégration de l’IA, du calcul quantique et des données massives à l’ensemble de la force interarmées4. Les théoriciens militaires chinois y voient le moyen de comprimer la « boucle décisionnelle » — observer, s’orienter, décider, agir — pour prendre l’ascendant sur un adversaire, et d’orchestrer des attaques d’essaims coordonnées par algorithme3. C’est la même grammaire que celle de l’intelligence stratégique appliquée à la décision militaire, poussée jusqu’à l’automatisation.
Comment lire le discours chinois ? Avec prudence, car il mêle annonce technologique et signal politique. Les médias d’État offrent ici une fenêtre utile, à condition de l’étiqueter pour ce qu’elle est : le récit que Pékin choisit de projeter. En mars 2026, le Global Times — quotidien proche du Parti communiste — a ainsi présenté le système de drones « Atlas », vantant des appareils dotés d’algorithmes embarqués capables d’« exécuter des fonctions de façon autonome » et de « s’adapter dynamiquement » au champ de bataille7. Le même organe avait déjà dévoilé un essaim « auto-réparant » et un dispositif de réalité augmentée permettant à un fantassin de commander plusieurs engins7. Ces démonstrations, soigneusement médiatisées, visent autant l’opinion intérieure que les chancelleries étrangères : elles disent « nous y sommes aussi ».
Le point le plus discuté reste la capacité de la Chine à innover malgré les contrôles américains sur les puces avancées. Un rapport du Pentagone publié fin 2025 souligne les progrès de l’APL sur les grands modèles de langage, des entreprises comme DeepSeek, Alibaba ou Tencent étant intégrées à l’écosystème militaire pour des fonctions allant de la reconnaissance de cibles au jeu de guerre8. La recherche militaire chinoise, qui mise ouvertement sur les systèmes autonomes pour les scénarios de guerre future, cherche moins à égaler la puissance de calcul américaine qu’à contourner le goulet d’étranglement matériel par des modèles plus frugaux. Le pari : transformer une contrainte en doctrine.
L’Ukraine, laboratoire à ciel ouvert de la guerre autonome
S’il fallait un argument pour les partisans de l’adoption rapide, l’Ukraine le fournit. Le front est devenu, selon le Center for Strategic and International Studies (CSIS), le théâtre d’une innovation permanente où les cycles d’itération se comptent en semaines, voire en jours9. En juillet 2025, Kiev a formalisé cette logique avec l’initiative « Test in Ukraine », invitant les industriels du monde entier à éprouver drones, robots et systèmes laser contre des forces russes réelles9.
Le saut qualitatif tient à l’autonomie croissante. Pour échapper au brouillage électronique généralisé, les développeurs déploient des drones dotés d’une IA embarquée capable de verrouiller une cible désignée puis de piloter seule la phase terminale de l’attaque, lorsque la liaison radio est coupée9. L’IA y trie en quasi temps réel des dizaines de milliers de flux vidéo pour identifier et hiérarchiser les cibles9. La leçon que tirent les états-majors est limpide : la masse de drones bon marché, couplée à l’autonomie logicielle, redéfinit le rapport coût-efficacité du combat. C’est précisément ce que Replicator entendait industrialiser — et ce que la Russie, dont l’industrie d’armement conserve une influence mondiale malgré les sanctions, exploite de son côté en misant sur l’électronique de guerre et des systèmes peu coûteux3.
Mais le laboratoire ukrainien a un revers : il normalise des systèmes dont la délégation de la décision létale s’accroît à mesure que l’environnement devient hostile aux opérateurs humains. Ce que la nécessité tactique valide aujourd’hui, le droit international peinera à encadrer demain.
L’Europe et les autres : brillante en laboratoire, lente sur le terrain
La course n’oppose pas que deux blocs. L’Europe produit, selon plusieurs analyses, une recherche fondamentale de premier plan en IA, quantique et drones — mais peine à la transformer en capacités déployées. La formule d’Euronews est cinglante : le continent « gagne la course scientifique » mais « perd la guerre du déploiement », les États-Unis convertissant les idées européennes en armes pendant que l’Europe traîne10. Le déséquilibre de financement est éloquent : sur une décennie, le capital-risque de défense aurait mobilisé environ 70 milliards de dollars outre-Atlantique contre quelque 7 milliards d’euros en Europe10.
L’Union tente de réagir avec une architecture industrielle naissante et un plan d’action sur les drones pour 202610. D’autres puissances cultivent leurs niches : Israël avec son écosystème civilo-militaire intégré, la Russie avec ses systèmes attritionnels. Partout, la dépendance aux composants critiques — puces, mais aussi terres rares indispensables à l’électronique de défense — rappelle que la course à l’IA est aussi une course aux chaînes d’approvisionnement. Quant aux chiffres globaux, ils invitent à la nuance : le marché mondial de l’IA spécifiquement militaire était estimé autour de 10,8 milliards de dollars en 202511 — considérable, mais sans commune mesure avec les centaines de milliards de l’IA civile, dont la défense capte les retombées.
Le contre-récit : fiabilité, escalade et le spectre des armes autonomes
À ce récit de l’inéluctable répond une voix plus prudente, portée par les humanitaires, une partie des juristes et, fait notable, certains militaires eux-mêmes. Leur argument n’est pas technophobe : il porte sur le rythme. Aux États-Unis, des responsables ont publiquement appelé à la prudence au printemps 2026, une sénatrice relevant que le Pentagone intègre « le ciblage par IA à des munitions autonomes à un rythme » que sa propre directive fondatrice, la 3000.09, « n’avait pas été conçue pour envisager »12. Autrement dit, le cadre normatif est dépassé par la vitesse de déploiement que la course impose.
Le débat éthique culmine sur les systèmes d’armes létaux autonomes (SALA, ou LAWS en anglais). Pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), déléguer à une machine le pouvoir de décider de la vie et de la mort « menace de transformer la guerre » et soulève des questions fondamentales de dignité humaine ; l’organisation réclame un instrument juridiquement contraignant prohibant les armes autonomes imprévisibles et celles dirigées contre des personnes13. La campagne Stop Killer Robots, coalition d’ONG, plaide dans le même sens pour garantir un « contrôle humain significatif » sur l’usage de la force14. Leur crainte : que la dynamique concurrentielle — « si nous ne le faisons pas, l’adversaire le fera » — érode mécaniquement les garde-fous.
Genève 2026 : une fenêtre qui se referme
C’est à l’ONU que se joue l’épilogue provisoire. Le groupe d’experts gouvernementaux (GGE) de la Convention sur certaines armes classiques négocie depuis 2023 les éléments d’un futur instrument sur les SALA15. En septembre 2025, trente-neuf États, emmenés par le Brésil, se sont dits « prêts à avancer vers des négociations »14. Le secrétaire général de l’ONU et la présidente du CICR appellent à conclure un texte contraignant d’ici fin 2026, qualifiant ces armes de « politiquement inacceptables, moralement répugnantes »13. Le calendrier est serré : deux sessions du GGE en mars et septembre 2026, puis un rapport attendu pour la VIIe Conférence d’examen de novembre 202615.
Rien n’est joué pour autant. Les discussions butent sur deux écueils anciens : la définition même de ce qu’est une arme autonome, et la traduction concrète de l’exigence de contrôle humain15. Surtout, les puissances les plus avancées — celles qui mènent la course — sont aussi les moins pressées de se lier les mains. Là réside le paradoxe central de cette compétition : plus la technologie progresse vite, plus la fenêtre pour la réguler se referme, et plus la logique de course rend cette régulation difficile.
Ce qu’il faut surveiller
La course à l’IA de défense n’est pas un mythe entretenu par les marchands d’armes : les budgets, les doctrines et les démonstrations attestent d’une dynamique bien réelle, où Washington et Pékin convertissent une conviction partagée en programmes concrets. Mais elle n’est pas non plus la marche fatale vers des armées de machines décidant seules. Entre ces deux caricatures, l’enjeu de 2026 tient en une tension : la pression concurrentielle pousse à déployer vite, quand la fiabilité, la responsabilité juridique et l’éthique réclament du temps.
Trois signaux mériteront l’attention dans les mois qui viennent. Le sort, d’abord, du budget pharaonique demandé pour le DAWG : sera-t-il voté, et avec quels garde-fous ? La capacité, ensuite, de l’écosystème chinois à tenir le rythme malgré les contrôles sur les puces. L’issue, enfin, des sessions de Genève à l’automne : un premier instrument international, même imparfait, marquerait que la communauté des États refuse de laisser la course écrire seule les règles. À défaut, le précédent ukrainien aura valeur de norme — et c’est la machine, plus que le droit, qui aura tranché.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'initiative Replicator du Pentagone et qu'est-elle devenue ?
Lancée en août 2023, Replicator devait livrer des milliers de systèmes autonomes peu coûteux pour contrer la masse militaire chinoise. Faute d'avoir atteint ses cibles de production et de logiciel d'orchestration, elle a été dissoute fin 2025 et absorbée par le Defense Autonomous Warfare Group (DAWG), désormais centré sur le logiciel d'autonomie et doté d'un budget bien plus ambitieux.
Que signifie l'« intelligentisation » de l'armée chinoise ?
C'est le concept doctrinal par lequel l'Armée populaire de libération entend intégrer l'IA, les données massives et les systèmes autonomes à l'ensemble de ses forces, afin d'accélérer la décision et de coordonner des essaims de drones. Pékin la présente comme la prochaine révolution dans les affaires militaires.
Pourquoi l'Ukraine est-elle décrite comme un banc d'essai de l'IA militaire ?
Depuis 2022, le front ukrainien est devenu le plus vaste laboratoire de guerre des drones au monde. Industriels et armées y valident en conditions réelles des systèmes capables de verrouiller une cible et d'achever leur attaque même lorsque les liaisons radio sont brouillées, fournissant un retour d'expérience qu'aucun essai en laboratoire ne peut reproduire.
Où en est la régulation internationale des armes létales autonomes ?
Le groupe d'experts gouvernementaux de l'ONU, réuni à Genève dans le cadre de la Convention sur certaines armes classiques, négocie depuis 2023 les éléments d'un futur instrument. Le CICR et le secrétaire général de l'ONU appellent à conclure un texte juridiquement contraignant d'ici fin 2026, mais des désaccords persistent sur la définition même de ces armes et sur la notion de contrôle humain.
Pourquoi parle-t-on d'une « course » à l'IA militaire ?
Parce que les grandes puissances partagent la conviction que la maîtrise de l'IA sera déterminante pour la puissance future. Cette croyance crée une dynamique d'émulation où chacun craint d'être distancé par un adversaire moins scrupuleux, ce qui pousse à déployer vite, parfois au détriment de la prudence, de la fiabilité et des garde-fous éthiques.
Sources
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« Artificial Intelligence Strategy for the Department of War », U.S. Department of War (document officiel), 12 janvier 2026. https://media.defense.gov/2026/Jan/12/2003855671/-1/-1/0/ARTIFICIAL-INTELLIGENCE-STRATEGY-FOR-THE-DEPARTMENT-OF-WAR.PDF ↩
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Govini, « The Pentagon’s $54 billion bet on autonomous warfare », Defense One, mai 2026. https://www.defenseone.com/ideas/2026/05/pentagons-54-billion-bet-autonomous-warfare/413735/ ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5
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« AI weapons race accelerates as U.S., China and Russia compete for military edge », Seeking Alpha, 2026. https://seekingalpha.com/news/4574234-ai-weapons-race-accelerates-as-u-s-china-and-russia-compete-for-military-edge ↩ ↩2 ↩3 ↩4
-
« China’s Ambitions for AI-Driven Future Warfare », Center for Strategic and Budgetary Assessments (CSBA), 2025. https://csbaonline.org/about/news/chinas-ambitions-for-ai-driven-future-warfare ↩ ↩2
-
« Fiscal 2025 budget docs reveal how Project Maven is still evolving », DefenseScoop, 14 mars 2024. https://defensescoop.com/2024/03/14/project-maven-fiscal-2025-budget-still-evolving/ ↩ ↩2
-
« DOD Replicator Initiative: Background and Issues for Congress », Congressional Research Service (Congress.gov), 2025. https://www.congress.gov/crs-product/IF12611 ↩ ↩2 ↩3
-
« China unveils full-process demonstration of Atlas drone swarm operations system », Global Times (média d’État chinois, reflète Pékin), mars 2026. https://www.globaltimes.cn/page/202603/1357519.shtml ↩ ↩2
-
« New Pentagon report on China’s military notes Beijing’s progress on LLMs », DefenseScoop, 26 décembre 2025. https://defensescoop.com/2025/12/26/dod-report-china-military-and-security-developments-prc-ai-llm/ ↩
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« The Russia-Ukraine Drone War: Innovation on the Frontlines and Beyond », Center for Strategic and International Studies (CSIS), 2026. https://www.csis.org/analysis/russia-ukraine-drone-war-innovation-frontlines-and-beyond ↩ ↩2 ↩3 ↩4
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« Europe is winning the AI and drone science race. It’s losing the deployment war », Euronews, 9 avril 2026. https://www.euronews.com/my-europe/2026/04/09/europe-is-winning-the-ai-and-drone-science-race-its-losing-the-deployment-war ↩ ↩2 ↩3
-
« Artificial Intelligence In Military Market », Precedence Research, 2025. https://www.precedenceresearch.com/artificial-intelligence-in-military-market ↩
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« As the Pentagon pushes for battlefield AI, some military leaders urge caution », The Washington Times, 31 mai 2026. https://www.washingtontimes.com/news/2026/may/31/pentagon-pushes-battlefield-ai-military-leaders-urge-caution/ ↩
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« Preserving human control over the use of force: A call to regulate lethal autonomous weapon systems under international law », Comité international de la Croix-Rouge (CICR), 12 mai 2025. https://www.icrc.org/en/statement/preserving-human-control-over-use-force-call-regulate-lethal-autonomous-weapon-systems ↩ ↩2
-
« September 2025 GGE Joint statement », Stop Killer Robots, septembre 2025. https://www.stopkillerrobots.org/news/september-2025-gge-joint-statement/ ↩ ↩2
-
« Briefing by the Chair of the CCW GGE on LAWS on the margins of the First Committee », United Nations Office for Disarmament Affairs (UNODA), 2025. https://disarmament.unoda.org/en/updates/briefing-chair-ccw-gge-laws-margins-first-committee ↩ ↩2 ↩3
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