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African Lion 2026 : un pivot stratégique pour l'AFRICOM

African Lion 2026, plus grand exercice américain en Afrique : pourquoi le Maroc est devenu le pivot de l'AFRICOM, sur fond de Sahara et de rivalité avec Alger.

Par ISS5 juin 2026Lecture 10 min
Des soldats américains et marocains s'entraînent côte à côte dans le désert près de Tan-Tan, lors de l'exercice African Lion, blindés et hélicoptère en arrière-plan sous un ciel clair.
Des soldats américains et marocains s'entraînent côte à côte dans le désert près de Tan-Tan, lors de l'exercice African Lion, blindés et hélicoptère en arrière-plan sous un ciel clair. (Image d'illustration IA © ISS 2026)

À retenir

  1. African Lion 2026 (20 avril-8 mai) a réuni plus de 5 600 militaires de plus de 40 nations à travers le Ghana, le Maroc, le Sénégal et la Tunisie : c'est le plus grand exercice annuel de l'AFRICOM, et le Maroc en demeure le cœur.
  2. Washington fait de Rabat son pivot africain : allié majeur non-OTAN depuis 2004, premier acheteur africain d'armement américain, lié par une feuille de route de défense courant jusqu'en 2030, renouvelée en avril 2026.
  3. Les États-Unis reconnaissent la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental depuis décembre 2020 ; le président Trump et le secrétaire d'État Rubio l'ont réaffirmée en 2025.
  4. La résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025, érige le plan d'autonomie marocain en base des négociations : un revers diplomatique pour Alger et le Polisario, qui dénoncent une atteinte à l'autodétermination.
  5. Derrière l'exercice se joue une rivalité ouverte avec l'Algérie, premier budget militaire d'Afrique, et l'ambition marocaine d'ancrer le Sahel à l'Atlantique.

Chaque printemps, le désert du sud marocain devient le plus grand champ de manœuvres américain d’Afrique. En 2026, du 20 avril au 8 mai, plus de 5 600 militaires venus de plus de quarante nations ont convergé vers le Ghana, le Maroc, le Sénégal et la Tunisie pour l’exercice African Lion, navire amiral du commandement des États-Unis pour l’Afrique1. Le drame qui a frappé l’édition — deux soldats américains emportés par une vague près de Tan-Tan — a rappelé que ces manœuvres ne sont pas un théâtre2. Mais leur véritable enjeu n’est pas seulement tactique : African Lion mesure, année après année, la profondeur d’une relation devenue centrale pour Washington. Le Maroc en est le cœur battant.

Le plus grand exercice américain en Afrique

African Lion n’est pas une manœuvre de plus. C’est, de l’aveu même de l’AFRICOM, son plus important exercice conjoint annuel sur le continent1. Né en 2004, il a grandi jusqu’à devenir une plateforme de sécurité quasi planétaire : l’édition 2025 avait réuni plus de 10 000 militaires et plus de cinquante nations, dont sept alliés de l’OTAN3. Celle de 2026, plus resserrée — 5 600 hommes, une quarantaine de pays —, traduit moins un repli qu’un choix assumé de la qualité sur la masse, avec dix-neuf pays africains, six nations européennes et des participants venus d’Amérique du Sud et du Moyen-Orient1.

Le spectre des compétences déployées dit l’ambition. À terre, dans les airs, en mer, dans l’espace et le cyberespace, les armées s’entraînent à combattre ensemble. L’édition 2025 avait vu, lors des manœuvres finales près de l’embouchure de l’oued Draa, au nord de Tan-Tan, des chasseurs F-16 marocains appuyer des troupes au sol pendant que les lance-roquettes américains HIMARS frappaient des cibles fictives3. Sauts en parachute, opérations amphibies, insertion rapide de lance-roquettes, assistance médicale d’urgence : African Lion sert autant à forger l’interopérabilité qu’à préparer les armées partenaires à la lutte contre l’expansion jihadiste en Afrique, première menace que l’AFRICOM dit vouloir contenir.

Rabat, pivot africain de Washington

Si le Maroc accueille le gros de l’exercice, ce n’est pas un hasard de géographie. C’est l’aboutissement d’une relation que les deux pays aiment présenter comme la plus ancienne de la diplomatie américaine. En décembre 1777, le sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah ouvrait ses ports aux navires de la jeune République, qui n’existait que depuis dix-huit mois : le Maroc fut ainsi le premier pays à reconnaître les États-Unis, lien scellé par le traité de paix et d’amitié de 1786, le plus ancien encore en vigueur de Washington4. À l’approche du 250ᵉ anniversaire de l’indépendance américaine, le général Dagvin Anderson, patron de l’AFRICOM, l’a rappelé sans détour : « Le Maroc nous a accompagnés à chaque étape, comme le premier pays à nous avoir reconnus comme nation. »4

L’histoire s’est muée en architecture stratégique. Allié majeur non-OTAN des États-Unis depuis 2004, le Maroc est devenu le premier acheteur d’armement américain du continent : le département d’État chiffre à 8,545 milliards de dollars les contrats de vente d’État à État actuellement actifs au titre des ventes militaires à l’étranger5. Chars Abrams, lance-roquettes HIMARS, chasseurs F-16, drones MQ-9B : Rabat modernise ses forces dans le cadre d’un programme baptisé « Vision 2030 », doté d’environ 17 milliards de dollars et explicitement conçu pour rendre l’armée marocaine interopérable avec les armées américaine et atlantiques5. En avril 2026, les deux capitales ont signé une nouvelle feuille de route de coopération de défense, prolongeant pour une décennie le cadre fixé en 20206.

Cette centralité tient aussi à un manque. Faute de quartier général de l’AFRICOM sur le sol africain — le commandement reste installé à Stuttgart, en Allemagne —, Washington a besoin d’ancrages fiables. Stable, doté d’une longue façade atlantique et tourné vers le Sahel, le Maroc s’impose comme la principale porte d’entrée américaine. Cette logique de relais sécuritaire n’est pas propre au royaume : elle structure l’ensemble du jeu des puissances en Afrique subsaharienne, où chacune cherche son point d’appui.

Le Sahara, ciment d’un partenariat

Au cœur de cette relation, une reconnaissance pèse plus lourd que tous les contrats d’armement : celle de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. En décembre 2020, l’administration Trump franchissait un pas qu’aucune autre grande puissance occidentale n’avait osé, en reconnaissant la marocanité du territoire — contrepartie de la normalisation entre Rabat et Israël7. Le geste plaçait les États-Unis à rebours de la doctrine onusienne, qui continue d’évoquer un droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.

Loin de se diluer avec le changement d’équipe, cette position s’est durcie. En 2025, le secrétaire d’État Marco Rubio a réaffirmé, face au ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita, le soutien de Washington au plan d’autonomie marocain, qualifié de « sérieux, crédible et réaliste » et présenté comme « la seule base » d’un règlement « juste et durable »8. Le président Trump a renouvelé cet engagement dans un message au roi Mohammed VI à l’occasion de la fête du Trône8. Pour Rabat, ce soutien est devenu la pierre angulaire de tout le partenariat : la presse proche du Palais, comme le portail Le360, y voit la consécration d’une cause nationale érigée en boussole diplomatique.

L’enchâssement du Sahara dans l’exercice African Lion n’a rien d’anodin. Certaines manœuvres se déroulent dans la zone d’entraînement du cap Draa, près de Tan-Tan, aux portes du territoire disputé — c’est là que les deux soldats américains ont disparu en mai 20262. Pour Rabat, chaque exercice mené dans cette zone vaut reconnaissance de fait. Pour Alger, c’est une provocation.

Le bras de fer permanent avec l’Algérie

Car ce partenariat ne se lit pas sans son ombre : l’Algérie. Les deux voisins ont rompu leurs relations diplomatiques en 2021, et le Sahara reste le foyer de leur antagonisme. Alger, qui héberge et soutient le Front Polisario, voit dans l’ancrage américain au Maroc une rupture d’équilibre régional. L’agence officielle algérienne APS s’était d’ailleurs employée, ces dernières années, à relayer l’idée que l’AFRICOM cherchait, pour African Lion, d’autres terrains que le Maroc9 — une lecture aussitôt contestée par la presse marocaine, le portail Le360 accusant l’agence d’État d’avoir « dévoyé les propos, et les intentions » du chef de l’AFRICOM10. La bataille des récits double la rivalité militaire.

Cette rivalité s’incarne aussi dans les budgets. L’Algérie demeure le premier pays d’Afrique en dépenses militaires : selon les données de l’institut de Stockholm SIPRI relayées par la presse, elles ont atteint 25,4 milliards de dollars en 2025, en hausse de 11 %, soit le deuxième poids militaire mondial rapporté aux dépenses publiques, derrière la seule Ukraine11. Alger a notamment commandé le chasseur russe de cinquième génération Su-57, devenant le premier client africain et arabe de l’appareil11. Le Maroc, deuxième budget du continent, a fait un autre pari : moins de masse, plus de technologie et d’industrie nationale. Les analystes parlent d’une opposition entre la « puissance intelligente » revendiquée par Rabat et la course au volume choisie par Alger11. Deux conceptions de la force, un même différend en toile de fond — celui que prolonge l’instabilité croissante au Sahel, où les deux capitales s’affrontent aussi par influence interposée.

Octobre 2025 : un basculement diplomatique

Le 31 octobre 2025, le rapport de force a basculé au grand jour. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 2797, prolongeant d’un an le mandat de la mission onusienne au Sahara occidental (MINURSO) et, surtout, érigeant le plan d’autonomie marocain de 2007 en « base » des négociations à venir12. Le texte a été voté par onze voix, avec trois abstentions — la Chine, le Pakistan et la Russie — et la non-participation de l’Algérie12. Ce plan prévoit une autorité locale élue au Sahara, Rabat conservant la défense, les affaires étrangères et le religieux12.

Le contraste des lectures est saisissant. À Rabat, la presse proche du Palais, à l’image du portail Le360, a célébré un tournant historique, certains analystes occidentaux y voyant l’équivalent diplomatique de la Marche verte de 19759. À l’inverse, Alger a jugé la résolution « en deçà des attentes et des aspirations légitimes du peuple du Sahara occidental, représenté par le Front Polisario », et rappelé l’obligation d’organiser un référendum d’autodétermination12. Côté algérien toujours, le Comité national de solidarité avec le peuple sahraoui a dénoncé un texte « déséquilibré, tendancieux et contraire au droit international », accusant les puissances occidentales d’imposer l’autonomie marocaine au détriment de l’autodétermination, selon la presse algérienne13. Le Front Polisario, lui, a martelé que la résolution n’impliquait « aucune reconnaissance de la souveraineté marocaine »12. Entre les récits, le fait demeure : pour la première fois, le plan marocain devient l’horizon explicite de la médiation onusienne.

L’Atlantique et le Sahel, nouvelle profondeur stratégique

Au-delà du Sahara, le Maroc déploie une ambition plus vaste, qui épouse les intérêts américains. Lancée en novembre 2023, son « initiative atlantique » propose aux pays enclavés du Sahel — Mali, Niger, Tchad, Burkina Faso — un accès stratégique à l’océan via les ports, routes et chemins de fer marocains14. À l’heure où ces États se détournent de Paris pour se rapprocher de Moscou, Rabat se pose en alternative occidentale crédible, capable de désenclaver une région que se disputent toutes les puissances.

Le volet énergétique en est la pièce maîtresse : le gazoduc Maroc-Nigeria, estimé à quelque 25 milliards de dollars, doit longer la côte atlantique sur seize pays et plus de 400 millions d’habitants, jusqu’à raccorder l’Afrique de l’Ouest aux réseaux européens15. En 2025, sa première phase — Maroc, Mauritanie, Sénégal — est entrée en phase de ratification intergouvernementale15. Pour Washington, ce projet conjugue stabilité régionale, sécurité énergétique et endiguement de l’influence rivale : autant de raisons de consolider l’ancrage marocain. African Lion n’est, dès lors, que la vitrine militaire d’une convergence bien plus large.

Ce que dira la prochaine édition

La trajectoire est tracée, mais rien n’est figé. Le partenariat américano-marocain est aujourd’hui à son zénith : reconnaissance du Sahara réaffirmée, résolution onusienne favorable, feuille de route de défense prolongée jusqu’en 2030, exercice phare solidement amarré au royaume. Reste que cet édifice repose sur la constance de Washington — variable d’une administration à l’autre — et sur une équation régionale explosive, où l’Algérie n’entend pas céder. Le prochain rendez-vous d’African Lion sera, comme chaque année, le meilleur thermomètre. À surveiller : l’ampleur des sites ouverts dans le sud, la place faite aux pays du Sahel, et la réaction d’Alger. Car dans le désert marocain, ce ne sont pas seulement des armées qui manœuvrent — c’est l’ordre stratégique d’un continent qui se redessine.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'exercice African Lion ?

African Lion est le plus grand exercice militaire annuel du commandement américain pour l'Afrique (AFRICOM). L'édition 2026 a réuni du 20 avril au 8 mai plus de 5 600 militaires de plus de 40 nations, à travers le Ghana, le Maroc, le Sénégal et la Tunisie. Le Maroc, qui l'accueille depuis 2004, en reste le pivot.

Pourquoi le Maroc est-il central pour l'AFRICOM ?

Rabat est allié majeur non-OTAN des États-Unis depuis 2004 et premier acheteur africain d'armement américain, avec 8,5 milliards de dollars de contrats actifs. Sa stabilité, sa façade atlantique et son ouverture vers le Sahel en font la principale porte d'entrée de Washington sur le continent, faute de quartier général de l'AFRICOM en Afrique.

Les États-Unis reconnaissent-ils la marocanité du Sahara ?

Oui. En décembre 2020, l'administration Trump a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, en échange de la normalisation entre Rabat et Israël. Le président Trump et le secrétaire d'État Marco Rubio ont réaffirmé cette position en 2025, soutenant le plan d'autonomie marocain comme seule base d'un règlement.

Quel est l'enjeu de la résolution 2797 du Conseil de sécurité ?

Adoptée le 31 octobre 2025, la résolution 2797 prolonge la mission de l'ONU au Sahara occidental et fait du plan d'autonomie marocain la base des négociations. Rabat y voit une victoire ; Alger et le Front Polisario dénoncent un recul du droit à l'autodétermination et un texte déséquilibré.

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Rédaction · Analyse stratégique

L'Institut des Sciences Stratégiques publie des analyses indépendantes sur la géopolitique, la défense et les transformations du pouvoir au XXIe siècle.

Sources

  1. U.S. Africa Command, « Historic African Lion 26 concludes », AFRICOM, mai 2026. https://www.africom.mil/article/36524/historic-african-lion-26-concludes 2 3

  2. AFRICOM, « Search and Rescue Ongoing at African Lion 2026 », AFRICOM, 3 mai 2026. https://www.africom.mil/pressrelease/36450/search-and-rescue-ongoing-at-african-lion-2026 2

  3. DVIDS, « African Lion 25: Largest U.S.-led military exercise in Africa kicks off across four nations », DVIDS / U.S. Army, avril 2025. https://www.dvidshub.net/news/494908/african-lion-25-largest-us-led-military-exercise-africa-kicks-off-across-four-nations 2

  4. Morocco World News, « AFRICOM 2026 Media Briefing Honors US-Morocco 250-Year Partnership », Morocco World News, février 2026. https://www.moroccoworldnews.com/2026/02/277446/africom-2026-media-briefing-honors-us-morocco-250-year-partnership/ 2

  5. U.S. Department of State, « U.S. Security Cooperation with Morocco », state.gov, 2025. https://www.state.gov/u-s-security-cooperation-with-morocco 2

  6. Morocco World News, « US, Morocco Sign New Defense Cooperation Roadmap », Morocco World News, avril 2026. https://www.moroccoworldnews.com/2026/04/287360/us-morocco-sign-new-defense-cooperation-roadmap/

  7. Carnegie Endowment for International Peace, « Trump’s Lesser-Known Deal of the Century? Resolving the Western Sahara Conflict », Carnegie, février 2025. https://carnegieendowment.org/research/2025/02/western-sahara-morocco-sahrawi-trump?lang=en

  8. U.S. Department of State, « Secretary Rubio’s Meeting with Moroccan Foreign Minister Bourita », state.gov, 2025. https://www.state.gov/secretary-rubios-meeting-with-moroccan-foreign-minister-bourita 2

  9. APS, « Africom explore d’autres lieux que le Maroc pour organiser les manœuvres “African Lion” », Algérie Presse Service, 2022. https://www.aps.dz/monde/143255-africom-explore-d-autres-lieux-que-le-maroc-pour-organiser-les-manoeuvres-african-lion 2

  10. Le360, « African Lion : comment APS a dévoyé les propos, et intentions, du chef de l’Africom », Le360, 2022. https://fr.le360.ma/politique/african-lion-comment-aps-a-devoye-les-propos-et-intentions-du-chef-de-lafricom-264309

  11. The New Arab, « Morocco military spending soars amid tensions with Algeria », The New Arab, 2026. https://www.newarab.com/news/morocco-military-spending-soars-amid-tensions-algeria 2 3

  12. Nations unies, « With 11 Members Voting in Favour, 3 Abstaining, Security Council Adopts Resolution 2797 (2025) », UN Meetings Coverage, 31 octobre 2025. https://press.un.org/en/2025/sc16208.doc.htm 2 3 4 5

  13. La Patrie News, « Sahara occidental : Le CNASPS dénonce une résolution d’habillage colonial du Conseil de sécurité », La Patrie News (Algérie), novembre 2025. https://lapatrienews.dz/sahara-occidental-le-cnasps-denonce-une-resolution-dhabillage-colonial-du-conseil-de-securite/

  14. Atlantic Council, « Behind Morocco’s bid to unlock the Sahel », Atlantic Council, 2024. https://www.atlanticcouncil.org/blogs/africasource/behind-moroccos-bid-to-unlock-the-sahel/

  15. Morocco World News, « Morocco-Nigeria Gas Pipeline Project Advances as Officials Meet in Rabat », Morocco World News, juillet 2025. https://www.moroccoworldnews.com/2025/07/228930/morocco-nigeria-gas-pipeline-project-advances-as-officials-meet-in-rabat/ 2

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