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Le Kordofan, prochain théâtre d'atrocités de masse ?

Après la chute d'El-Fasher, la guerre soudanaise bascule vers le Kordofan. Sièges, famine, frappes de drones et alertes onusiennes : le risque d'un nouveau carnage.

Par ISS5 juin 2026Lecture 10 min
Vue d'une ville assiégée du Kordofan soudanais sous un ciel de poussière, civils en fuite et fumées d'explosions à l'horizon.
Vue d'une ville assiégée du Kordofan soudanais sous un ciel de poussière, civils en fuite et fumées d'explosions à l'horizon. (Image d'illustration IA © ISS 2026)

À retenir

  1. Après la chute d'El-Fasher en octobre 2025, où l'ONU a conclu à un génocide, l'épicentre de la guerre soudanaise s'est déplacé vers le Kordofan, que le Haut-Commissaire aux droits de l'homme redoute de voir devenir « un autre El-Fasher ».
  2. Carrefour entre le Darfour tenu par les Forces de soutien rapide et l'axe de Khartoum tenu par l'armée, le Kordofan commande les routes d'approvisionnement et abrite l'or et le pétrole : qui le tient tient les clés du pays.
  3. Sièges de Kadugli, Dilling et El-Obeid, famine confirmée, frappes de drones quasi quotidiennes : la région a basculé dans une crise humanitaire de premier ordre, avec un risque d'atrocités ethniques dans les monts Nouba.
  4. Début 2026, l'armée a brisé plusieurs sièges et lancé une contre-offensive, mais les experts avertissent : la reprise de villes ne supprime pas le risque de massacres, elle en déplace la géographie.
  5. Les récits s'affrontent : l'armée et l'ONU documentent les exactions des paramilitaires, qui rejettent les accusations et imputent à leur tour des frappes meurtrières à l'aviation gouvernementale.

Il a suffi d’une ville pour donner le ton de la suite. Quand El-Fasher est tombée, fin octobre 2025, après dix-huit mois de siège, les images satellite ont révélé l’innommable : des dizaines d’amas « compatibles avec des restes humains », des tueries porte-à-porte, des charniers que l’on tentait de faire disparaître. Quelques mois plus tard, l’ONU concluait à un génocide contre les groupes non arabes du Darfour1. Le jour même de la chute d’El-Fasher, les Forces de soutien rapide (RSF) lançaient une offensive vers l’est, sur une région jusque-là à la lisière de la guerre. Son nom : le Kordofan. Et la question que tout le monde redoute désormais tient en une phrase du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme : faut-il s’attendre à « un autre El-Fasher »2 ?

La charnière qui commande tout le Soudan

Le Kordofan n’est pas une marge. C’est le cœur géographique du pays, trois États — Nord, Sud et Ouest — qui forment le verrou entre les deux Soudan qui se dessinent. À l’ouest, le Darfour, désormais entièrement aux mains des paramilitaires depuis la chute d’El-Fasher. À l’est et au nord, l’axe de Khartoum, que l’armée (SAF) du général Abdel Fattah al-Burhan a repris au printemps 2025. Entre les deux, le Kordofan : un corridor que se disputent les deux camps parce qu’il relie leurs sanctuaires respectifs3.

Qui tient le Kordofan tient les routes. El-Obeid, capitale du Kordofan-Nord, s’élève au croisement des axes qui relient l’ouest et le sud du pays à la capitale ; sa possession ouvre ou ferme le ravitaillement de provinces entières. « Quiconque contrôle le Kordofan détient en réalité les clés des routes d’approvisionnement et des accès vers le Darfour, Khartoum, et jusqu’aux abords du sud de la Libye », résume un centre d’analyse régional4. Pour l’armée, reprendre la région, c’est rouvrir la porte du Darfour ; pour les RSF, la conserver, c’est ancrer le gouvernement parallèle qu’elles ont proclamé à Nyala et tenir Khartoum sous la menace.

À cet enjeu militaire s’ajoute une rente. Le Kordofan est riche en or et en pétrole. Le 1ᵉʳ décembre 2025, les paramilitaires ont pris Babanusa, capitale du Kordofan-Ouest, après avoir submergé la 22ᵉ division d’infanterie ; une semaine plus tard, ils s’emparaient de Heglig, nœud pétrolier qui traite quelque 130 000 barils par jour3. L’agence Reuters décrit désormais cette « zone d’or et de pétrole » comme « le nouveau front pivot » de la guerre, martelé par les drones5. La bataille du Kordofan n’est donc pas seulement stratégique : elle est aussi une lutte pour le nerf de la guerre.

El-Fasher comme matrice, le Kordofan comme répétition

Ce qui rend l’alerte si grave, c’est qu’il existe un précédent, et qu’il est récent. Au Darfour, le laboratoire de recherche humanitaire de l’université Yale a identifié, à partir d’imagerie satellite, au moins 150 amas d’objets « compatibles avec des restes humains » dans et autour d’El-Fasher entre le 26 octobre et le 28 novembre 2025, des traces de tueries systématiques que les paramilitaires cherchaient à dissimuler par des enterrements de masse1. L’ampleur exacte du bilan reste indéterminée, mais les chercheurs l’évaluent vraisemblablement en dizaines de milliers de morts1.

Le Kordofan donne déjà à voir les premiers signes du même engrenage. Depuis le 25 octobre 2025, date de la prise de la ville de Bara par les RSF, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a documenté au moins 269 morts civiles — frappes aériennes, tirs d’artillerie et exécutions sommaires —, ainsi que des meurtres de représailles, des détentions arbitraires, des enlèvements, des violences sexuelles et des recrutements forcés, y compris d’enfants6. Le 4 décembre 2025, Volker Türk a posé les mots qui résument le danger : « Je crains une nouvelle vague d’atrocités au Soudan… Nous ne devons pas laisser le Kordofan devenir un autre El-Fasher »2.

L’avertissement vaut surtout pour le Kordofan du Sud et ses monts Nouba, mosaïque de communautés non arabes qui réveille les fantômes du génocide darfourien. Des ONG de plaidoyer y voient déjà se profiler le pire : selon l’organisation Operation Broken Silence, des paramilitaires animés d’une idéologie « suprémaciste arabe » auraient incendié des villages et tué des dizaines d’habitants, des survivants fuyant vers les zones tenues par les rebelles nouba7. Ces récits militants, à manier avec prudence, recoupent toutefois un constat partagé par l’ONU : le risque de « nouvelles violences génocidaires » au Soudan demeure « grave et permanent »2.

Affamer, encercler, frapper : l’anatomie d’un siège

Avant le massacre, il y a souvent la faim. Pendant près de deux ans, les RSF, alliées au Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), ont étranglé Kadugli et Dilling, les deux principales villes du Kordofan du Sud. Le résultat a été chiffré par les instances de référence : la famine — phase 5 de la classification internationale IPC, le degré ultime — a été confirmée à Kadugli dès septembre 2025, et redoutée à Dilling8. À Kadugli, environ 147 000 personnes, soit 80 % de la population, ont fui ; des habitants pris au piège ont raconté à l’AFP avoir mangé « ce qu’ils trouvaient dans la forêt », au risque de mourir empoisonnés9.

À l’encerclement s’ajoute le drone. Des frappes quasi quotidiennes ont visé marchés, établissements de santé, convois d’aide et quartiers résidentiels à travers tout le Kordofan, suscitant l’indignation des responsables onusiens et humanitaires10. Le bilan s’égrène en rafales : au moins 57 personnes tuées en deux jours en février 2026, dont au moins quinze enfants, selon l’ONU10. Plus tôt, en décembre, une frappe de drone aurait touché un jardin d’enfants et un hôpital à Kalogi, dans le Kordofan du Sud, faisant au moins 114 morts, dont 63 enfants6. La guerre du Kordofan se mène ainsi à distance, contre des cibles qui ne se défendent pas.

La contre-offensive de l’armée : un répit, pas une issue

Le tableau, pourtant, n’est pas figé. Début 2026, l’armée a renversé la dynamique. Le 12 janvier, son commandement annonçait une opération de grande ampleur pour reprendre le Kordofan et le Darfour aux paramilitaires, revendiquant la destruction de quelque 240 véhicules de combat et de lourdes pertes adverses11. Les faits ont en partie suivi : le 27 janvier, l’armée affirmait avoir brisé un siège de près de deux ans sur une ville-clé ; le 3 février, ses forces atteignaient Kadugli, mettant fin à plus de deux ans d’encerclement, avant de briser également le siège de Dilling12. En mars, elle reprenait Bara et sécurisait El-Obeid, où quelque 200 camions de ravitaillement faisaient leur entrée sous les acclamations13.

Faut-il y voir un tournant ? Les experts invitent à la prudence, pour deux raisons. D’abord parce que la levée des sièges n’a offert qu’un « répit temporaire » : le réseau d’alerte précoce sur la famine (FEWS NET) prévient que les conditions de famine pourraient persister jusqu’en mai 2026 malgré l’arrivée de premières livraisons commerciales14. Le Programme alimentaire mondial a certes acheminé plus de 700 tonnes de vivres vers Dilling et Kadugli pour près de 70 000 personnes, mais sans paix durable, le soulagement reste suspendu au prochain retournement militaire14. Ensuite parce que reprendre une ville ne supprime pas le danger : il le déplace. Tant que les RSF tiennent le Kordofan-Ouest et son or, et tant que la ligne de front bouge, chaque assaut ou contre-assaut rouvre la possibilité d’un carnage ailleurs. L’analyse de l’évolution des conflits africains et des stratégies pour contenir l’instabilité le rappelle : dans ces guerres, les gains territoriaux sont rarement des points finaux.

Deux camps, deux récits : démêler le fait de l’allégation

Comme dans tout conflit de cette intensité, les versions s’affrontent, et il faut les peser. Du côté de l’armée, soutenue par les organisations internationales, le réquisitoire est précis : ce sont les paramilitaires qui assiègent, affament et exécutent. Le Conseil de sécurité de l’ONU lui-même a condamné, fin février 2026, les attaques des RSF au Kordofan et appelé à la fin de la guerre13. La chaîne qatarie Al Jazeera, proche des positions hostiles aux paramilitaires, relaie largement les bilans des frappes attribuées aux RSF et les revendications de l’armée sur la reprise des villes12.

Les paramilitaires, eux, contestent. Par la voix de leurs porte-parole, ils rejettent les accusations d’atrocités et renversent la charge : un responsable des RSF a imputé certaines frappes meurtrières à un drone de l’armée sur une localité du Kordofan-Ouest, dénonçant des « crimes oubliés » au caractère « systématique »15. Le procédé est commode, car il existe bel et bien des frappes gouvernementales : l’aviation de l’armée bombarde régulièrement les zones tenues par l’adversaire, et des civils en meurent. La part de vérité de chaque camp ne s’équivaut pourtant pas. Les faits matériels les plus lourds — sièges de deux ans, famine confirmée par l’IPC, charniers d’El-Fasher imagés par satellite, exécutions documentées à Bara — sont établis par des sources indépendantes et convergent vers une responsabilité écrasante des paramilitaires dans les violences de masse1. Le reste, communiqués et contre-accusations, relève de la guerre des récits, où chaque belligérant soigne son image pendant que la Cour pénale internationale enquête sur les crimes des deux parties7.

Le signal qui dira si le pire arrive

Le Kordofan est aujourd’hui ce que le Darfour était il y a un an : une région où tous les ingrédients d’une catastrophe sont réunis, mais où rien n’est encore joué. La contre-offensive de l’armée a desserré l’étau sur trois villes, sans reprendre l’initiative partout ni régler la question de fond — celle d’un pays coupé en deux, avec deux gouvernements et deux parrainages étrangers, comme le souligne l’expansion de l’influence russe en Afrique et le jeu des puissances qui prolongent le conflit. La guerre du Kordofan reste donc suspendue à un fil.

Le signal à surveiller n’est pas un communiqué de victoire, mais une ville qui tombe sans témoins. La chute brutale d’un chef-lieu encore tenu par l’armée, une coupure prolongée de l’accès humanitaire, un pic d’exécutions signalé par les rares organisations encore présentes : chacun de ces événements indiquerait que le scénario d’El-Fasher se rejoue, cette fois à l’échelle d’une région entière. Le Soudan a déjà montré, du Darfour aux monts Nouba, qu’il sait basculer du siège au massacre. La seule question est de savoir si, cette fois, l’alerte aura servi à quelque chose — au moment où l’instabilité gagne tout le Sahel et l’Afrique de l’Ouest et où l’avenir de l’Afrique subsaharienne en 2026 se joue aussi sur ces lignes de front oubliées.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Pourquoi le Kordofan est-il devenu l'épicentre de la guerre soudanaise ?

Parce qu'il fait charnière. Coincé entre le Darfour tenu par les Forces de soutien rapide à l'ouest et l'axe de Khartoum repris par l'armée à l'est, le Kordofan commande les routes d'approvisionnement vers la capitale et abrite l'or et le pétrole. Après la chute d'El-Fasher, la ligne de front s'y est concentrée.

Pourquoi parle-t-on d'un risque d'atrocités de masse ?

Parce que le scénario d'El-Fasher menace de se répéter. L'ONU y a conclu à un génocide ; depuis, elle a documenté exécutions sommaires, violences sexuelles et enlèvements au Kordofan du Nord, et redoute des violences à motivation ethnique, notamment contre les populations nouba du Kordofan du Sud.

Quelle est la situation humanitaire dans la région ?

Critique. La famine a été confirmée à Kadugli et le risque persiste à Dilling ; environ 80 % des habitants de Kadugli ont fui. Les sièges, levés début 2026, avaient privé des villes entières de vivres et de soins pendant deux ans, sous des frappes de drones quasi quotidiennes visant marchés, hôpitaux et convois d'aide.

L'armée soudanaise reprend-elle l'avantage au Kordofan ?

Partiellement. Entre janvier et mars 2026, l'armée a brisé les sièges de Kadugli, Dilling et El-Obeid et repris des localités-clés comme Bara. Mais ces gains restent fragiles : les paramilitaires conservent l'essentiel du Kordofan-Ouest et l'or, et la reprise de villes ne fait souvent que déplacer le risque de massacres.

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Rédaction · Analyse stratégique

L'Institut des Sciences Stratégiques publie des analyses indépendantes sur la géopolitique, la défense et les transformations du pouvoir au XXIe siècle.

Sources

  1. Al Jazeera, « Yale report finds evidence of RSF mass killings in Sudan’s el-Fasher », Al Jazeera, 28 octobre 2025. https://www.aljazeera.com/news/2025/10/28/yale-report-finds-evidence-of-rsf-mass-killings-in-sudans-el-fasher ; Yale School of Public Health, « UN Concludes RSF Committed Genocide in El-Fasher; Yale Lab Provided Key Evidence », Yale, 2026. https://ysph.yale.edu/news-article/un-concludes-rsf-conducted-genocide-in-el-fasher-yale-lab-provided-key-evidence/ 2 3 4

  2. UN News, « Sudan: Kordofan cannot become ‘another El Fasher,’ Türk warns », ONU, 4 décembre 2025. https://news.un.org/en/story/2025/12/1166510 ; UN News, « Human Rights Council hears of ongoing risk of further genocidal violence in Sudan », ONU, février 2026. https://news.un.org/en/story/2026/02/1167044 2 3

  3. ACLED, « Fighting moves to Kordofan as Sudan’s east–west divide solidifies », ACLED, 2026. https://acleddata.com/report/fighting-moves-kordofan-sudans-east-west-divide-solidifies 2

  4. Al-Estiklal, « Why the Battle for Kordofan Matters in Western Sudan’s Power Struggle », Al-Estiklal Newspaper, 2026. https://www.alestiklal.net/en/article/why-the-battle-for-kordofan-matters-in-western-sudan-s-power-struggle

  5. Reuters, « Drones hammer Sudan’s gold and oil zone - the pivotal new front line », Reuters (via The Star), 25 février 2026. https://www.the-star.co.ke/news/africa/2026-02-25-drones-hammer-sudans-gold-and-oil-zone

  6. OHCHR, « UN Human Rights Chief warns against atrocities in Sudan’s Kordofan region », Haut-Commissariat aux droits de l’homme, décembre 2025. https://www.ohchr.org/en/press-releases/2025/12/un-human-rights-chief-warns-against-atrocities-sudans-kordofan-region 2

  7. Operation Broken Silence, « Specter of ethnic killing looms in Sudan’s Nuba Mountains », Operation Broken Silence, 2026. https://operationbrokensilence.org/blog/specter-of-ethnic-killing-looms-in-nuba-mountains 2

  8. IPC, « Sudan: Famine confirmed in El Fasher and Kadugli towns, 20 other areas at risk of Famine », Integrated Food Security Phase Classification, 2025. https://www.ipcinfo.org/ipcinfo-website/countries-in-focus-archive/issue-137/en/

  9. Al Jazeera, « Sudan military claims to break siege of key Kordofan city of Kadugli », Al Jazeera, 3 février 2026. https://www.aljazeera.com/news/2026/2/3/sudan-military-claims-to-break-siege-of-key-kordofan-city-of-kadugli

  10. UN News, « Sudan: Rights chief alarmed after at least 57 killed in drone attacks in two days », ONU, février 2026. https://news.un.org/en/story/2026/02/1166988 2

  11. Al Jazeera, « Sudan’s army renewing military effort to retake Kordofan, Darfur from RSF », Al Jazeera, 12 janvier 2026. https://www.aljazeera.com/news/2026/1/12/the-sudanese-army-is-renewing-a-military-effort-to-retake-kordofan-darfur

  12. Al Jazeera, « Sudan army says nearly two-year RSF siege of key town broken », Al Jazeera, 27 janvier 2026. https://www.aljazeera.com/news/2026/1/27/sudan-army-says-nearly-two-year-rsf-siege-of-key-town-broken 2

  13. Al Jazeera, « Sudanese army retakes Bara, secures el-Obeid in North Kordofan », Al Jazeera, 6 mars 2026. https://www.aljazeera.com/news/2026/3/6/sudanese-army-retakes-bara-secures-el-obeid-in-north-kordofan ; Al Jazeera, « UNSC condemns RSF attacks in Sudan’s Kordofan, calls for an end to the war », Al Jazeera, 25 février 2026. https://www.aljazeera.com/news/2026/2/25/unsc-condemns-rsf-attacks-in-sudans-kordofan-calls-for-an-end-to-the-war 2

  14. World Food Programme, « Famine conditions confirmed in Sudan’s El Fasher and Kadugli, but hunger and malnutrition ease where conflict subsides », PAM, 2026. https://www.wfp.org/news/famine-conditions-confirmed-sudans-el-fasher-and-kadugli-hunger-and-malnutrition-ease-where 2

  15. Sudan Tribune, « Sudanese groups, UN condemn deadly drone strikes in Kordofan », Sudan Tribune, 2026. https://sudantribune.com/article/310848

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