Vers une nouvelle guerre Éthiopie–Érythrée ?
Accès à la mer Rouge, troupes restées au Tigré, mobilisation à Asmara : pourquoi la Corne de l'Afrique redoute une nouvelle guerre entre deux anciens alliés.

À retenir
- Le différend sur l'accès de l'Éthiopie à la mer Rouge a fait basculer en deux ans deux anciens alliés vers une confrontation ouverte.
- Le 1er septembre 2025, le Premier ministre Abiy Ahmed a qualifié la perte du port d'Assab d'« erreur » à « corriger » ; Asmara y voit une menace pour sa souveraineté.
- Les troupes érythréennes entrées au Tigré pendant la guerre de 2020-2022 n'en sont jamais reparties, contournant l'accord de Pretoria.
- Asmara a décrété une mobilisation nationale début 2025 ; Addis-Abeba a saisi l'ONU en octobre, accusant l'Érythrée de « préparer activement la guerre ».
- Le conflit se mondialise par procuration : Émirats arabes unis derrière l'Éthiopie, Égypte et Arabie saoudite courtisant l'Érythrée.
Le 1er septembre 2025, assis au bord du lac artificiel du grand barrage de la Renaissance, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed lâche une phrase qui glace la Corne de l’Afrique. « La mer Rouge était entre nos mains il y a trente ans. Cette histoire fut l’erreur d’hier. Demain, elle sera corrigée », déclare-t-il sur la chaîne d’État ETV1. Trois mots — « erreur », « corrigée », « mer Rouge » — suffisent à réveiller le spectre d’un conflit que la région croyait clos. Car en face, Asmara entend une menace à peine voilée sur son port d’Assab. En l’espace de deux ans, deux capitales qui scellaient encore une réconciliation historique en 2018 se retrouvent au bord de la rupture.
Deux ennemis devenus alliés, puis de nouveau ennemis
L’histoire de l’Éthiopie et de l’Érythrée est faite de revirements brutaux. Après trois décennies de lutte indépendantiste, l’Érythrée se sépare de l’Éthiopie en 1993, emportant avec elle l’intégralité du littoral et faisant de sa voisine le pays sans littoral le plus peuplé de la planète. Suit une guerre frontalière sanglante de 1998 à 2000, puis vingt années de « ni guerre ni paix ». En 2018, le jeune Premier ministre Abiy Ahmed signe avec le président érythréen Isaias Afwerki un accord de paix qui lui vaut le prix Nobel l’année suivante.
Cette lune de miel a viré au cauchemar. Les deux dirigeants se sont d’abord rapprochés contre un ennemi commun : le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), longtemps maître de l’État éthiopien et bête noire d’Asmara depuis la guerre des années 1990. Quand éclate la guerre du Tigré, en novembre 2020, les troupes érythréennes franchissent la frontière aux côtés de l’armée fédérale éthiopienne. Le conflit, l’un des plus meurtriers du XXIe siècle, fait des centaines de milliers de morts en deux ans. Puis vient l’accord qui devait tout apaiser — et qui a, en réalité, planté les graines de la crise actuelle.
Pretoria, ou la paix qui a oublié un belligérant
Le 2 novembre 2022, à Pretoria, le gouvernement éthiopien et le TPLF signent une cessation des hostilités sous l’égide de l’Union africaine. Le texte prévoit le désarmement des combattants tigréens, le rétablissement de l’aide humanitaire et le retrait des « forces étrangères et non fédérales » du territoire2. Problème : l’Érythrée, pourtant belligérante majeure, n’est pas conviée à la table et n’est nommée nulle part dans l’accord.
Cette omission est devenue la principale ligne de faille. Asmara n’a jamais reconnu être tenue par un texte qu’elle n’a pas signé, et ses soldats ne sont jamais repartis. Des pans entiers du nord, de l’ouest et du sud du Tigré demeurent sous le contrôle de forces érythréennes ou des milices amharas alliées2. Les États-Unis comme l’ONU ont réclamé en vain le départ de ces troupes. En février 2026, l’Éthiopie a officiellement sommé l’Érythrée de retirer « immédiatement » ses forces de son territoire3 — une exigence restée lettre morte.
Pire : l’ancien front uni du TPLF s’est scindé. Depuis mars 2025, une faction dirigée par Debretsion Gebremichael s’oppose à celle de Getachew Reda, écarté de l’administration intérimaire du Tigré puis devenu conseiller d’Abiy Ahmed. Dans ce jeu de dupes, l’Érythrée a accompli l’inconcevable : après vingt-cinq ans d’hostilité, elle s’est posée en alliée de la faction Debretsion4. La presse proche d’Addis-Abeba ne s’y trompe pas. Le site Ethiopia Insight décrit un « renversement stratégique » et une « erreur de calcul » d’Abiy, tandis que le Horn Review qualifie crûment cette faction de « nouveau front par procuration de l’Érythrée »4. L’ancien ennemi de mon ennemi est devenu mon ami.
La mer Rouge, obsession existentielle d’Addis-Abeba
Au cœur du différend, il y a une géographie implacable. Privée de côte depuis 1993, l’Éthiopie achemine environ 95 % de son commerce extérieur par le seul port de Djibouti, pour une facture estimée entre un et deux milliards de dollars par an5. Pour un pays de quelque 130 millions d’habitants dont l’économie figure parmi les plus dynamiques du continent, cette dépendance à un unique débouché est vécue comme une vulnérabilité stratégique.
Abiy Ahmed en a fait un axe central de son discours. Il martèle que « la mer Rouge et l’Éthiopie ne peuvent rester éternellement séparées » et présente l’accès maritime comme une question « de vie ou de mort » pour la survie nationale5. Officiellement, il jure ne vouloir y parvenir que « pacifiquement, par le dialogue ». Mais le ton de septembre 2025 et les déclarations de certains responsables — évoquant la possibilité de prendre Assab par la force en cas d’échec diplomatique — ont fait voler en éclats les garde-fous. L’état-major éthiopien (ENDF) est même allé jusqu’à qualifier de « banditisme » le fait de contester le « droit » de l’Éthiopie à Assab, selon le quotidien Addis Standard, proche du pouvoir6.
Cette quête n’est pas nouvelle. Début 2024, l’Éthiopie avait signé un protocole controversé avec le Somaliland, région sécessionniste, pour l’usage du port de Berbère — accord qui avait déjà mis le feu aux relations avec Mogadiscio. Mais c’est bien vers Assab, ce port érythréen qui desservit l’Éthiopie pendant des décennies, que se tournent désormais les regards d’Addis-Abeba.
Asmara : « la résurgence d’une fanfaronnade irresponsable »
Côté érythréen, la réponse oscille entre mépris affiché et durcissement militaire. Dès le lendemain du discours d’Abiy, le ministre érythréen de l’Information Yemane Gebremeskel a balayé les propos d’« une résurgence d’une fanfaronnade irresponsable » et d’« une distorsion méprisante de l’histoire érythréenne »1. Le ministère érythréen de l’Information — c’est-à-dire la voix officielle d’un régime sans presse libre, qu’il faut lire comme telle — a multiplié les charges. Dans un texte de mai 2025 intitulé « Les ambitions intenables de l’Éthiopie sur la mer Rouge », il dénonce des visées « risibles » sur les ports érythréens, tout en rappelant que des zones franches existent à Massawa et Assab, « ouvertes aux affaires » si Addis-Abeba le souhaite7. En octobre, un autre texte, « L’obsession éthiopienne pour le port d’Assab : au-delà de la rationalité », invoque la résolution 390 A (V) de l’ONU de 1950 et la sentence de la commission de démarcation pour affirmer la souveraineté pleine et entière d’Asmara sur ses côtes7.
Derrière la rhétorique, les actes. En février 2025, l’Érythrée a décrété une mobilisation nationale : les administrations régionales ont reçu l’ordre de recenser et de rappeler les citoyens de moins de soixante ans pour un réentraînement militaire, et même les conscrites mariées ou mères de famille ont été sommées de rejoindre leurs unités8. Dans un pays où le service national est déjà à durée indéterminée depuis 2002, cette mesure a fait l’effet d’une cloche d’alarme. L’Érythrée, l’un des États les plus militarisés du monde au regard de sa population de moins de trois millions d’habitants, aligne une armée estimée entre 150 000 et 200 000 hommes8.
Quand Addis-Abeba saisit l’ONU
L’escalade verbale a franchi un cap diplomatique à l’automne 2025. Le 2 octobre, le ministre éthiopien des Affaires étrangères Gedion Timothewos a adressé au secrétaire général de l’ONU António Guterres une lettre accusant l’Érythrée de « préparer activement la guerre » en finançant et en dirigeant des groupes armés à l’intérieur de l’Éthiopie. « La collusion entre le gouvernement érythréen et le TPLF est devenue plus évidente ces derniers mois », y écrit-il, désignant « la faction la plus dure du TPLF et le gouvernement érythréen » comme se préparant « activement à faire la guerre à l’Éthiopie »9.
Les analystes appellent à la prudence sur ces accusations croisées. L’International Crisis Group, dans un rapport de février 2026 au titre éloquent — Éthiopie, Érythrée et Tigré : une poudrière dans la Corne de l’Afrique —, décrit une situation où le risque d’embrasement reste élevé trois ans après la dernière guerre10. Le Soufan Center jugeait dès novembre 2025 que les deux pays « glissaient vers une guerre renouvelée »11. Pour autant, plusieurs experts estiment qu’une confrontation frontale directe demeure improbable : l’armée éthiopienne a retiré ses unités des positions de contact, et Asmara ne peut guère risquer un conflit qui lui vaudrait de nouvelles sanctions sur celles déjà en vigueur11. Le danger le plus tangible n’est pas une offensive décidée à froid, mais un dérapage : un incident autour de localités frontalières sensibles comme Zalambessa ou Bure, ou une guerre par procuration au Tigré qui échapperait à tout contrôle.
Une guerre régionale qui se joue déjà ailleurs
Ce qui rend la crise particulièrement dangereuse, c’est son enchevêtrement dans les rivalités du Moyen-Orient et de la mer Rouge. Les alliances se sont durcies en miroir. Les Émirats arabes unis sont depuis 2018 le « poumon financier » de l’Éthiopie, lui ayant fourni des milliards de dollars ; leur soutien militaire, et notamment leurs drones, fut décisif pour empêcher l’effondrement du gouvernement fédéral pendant la guerre du Tigré12. À l’inverse, l’Égypte — rivale historique d’Addis-Abeba sur le partage des eaux du Nil — et l’Arabie saoudite se rapprochent ostensiblement d’Asmara. En mai 2026, le quotidien émirati The National décrivait une Égypte « approfondissant ses liens avec l’Érythrée pour isoler l’Éthiopie dans la Corne »13, après avoir déployé des milliers de soldats en Somalie.
La guerre civile soudanaise scelle ces lignes de fracture. L’Érythrée héberge et entraîne des groupes alignés sur l’armée régulière soudanaise, qui aurait même redéployé des avions de combat sur des bases érythréennes pour les soustraire aux drones adverses12. L’Éthiopie, elle, est soupçonnée d’appuyer les Forces de soutien rapide (RSF) — comme les Émirats. Les deux voisins de la Corne se retrouvent ainsi sur des fronts opposés d’un conflit voisin, ce qui transforme leur différend bilatéral en pièce d’un grand jeu régional. Cette imbrication n’est pas sans rappeler la manière dont les conflits africains attirent désormais des stratégies extérieures concurrentes, des Émirats à l’Égypte, dans une Corne de l’Afrique de plus en plus convoitée. La compétition pour les débouchés maritimes y répond à la même logique que l’essor des bases militaires étrangères le long de l’océan Indien et que le retour des puissances comme la Russie sur le continent.
Le pari risqué d’une médiation
Reste la question décisive : qui peut désamorcer la poudrière ? L’International Crisis Group mise sur l’Arabie saoudite, forte du précédent de 2018, quand Riyad avait parrainé l’accord de paix de Djeddah entre les deux pays. Les signaux récents — l’envoi du chef de la diplomatie saoudienne à Addis-Abeba et d’un haut responsable à Asmara — suggèrent que le royaume teste à nouveau le terrain10. Mais l’Érythrée a jusqu’ici refusé les appels au dialogue de l’Éthiopie, et ni Washington ni aucune autre capitale n’a engagé d’effort sérieux pour ramener les deux camps autour d’une table11. La fenêtre diplomatique se referme à mesure que les mobilisations s’accélèrent.
L’Éthiopie est par ailleurs prise dans ses propres turbulences : élections nationales attendues, tensions internes au Tigré et en Amhara, fragilité d’une fédération éthnique qui n’a jamais cicatrisé de la dernière guerre. Comme le souligne Chatham House, il faudra « bien plus qu’une élection » pour apaiser à la fois les fractures internes et le contentieux régional14. Le signal à surveiller dans les mois qui viennent tient en peu de choses : un incident de trop à Zalambessa, un convoi d’armes vers le Tigré, une frappe de drone mal interprétée. Dans une région où, en 2026, l’Afrique subsaharienne concentre déjà nombre des foyers d’instabilité du monde et où le Sahel offre l’exemple d’États happés par l’engrenage de la guerre, la Corne de l’Afrique pourrait bien fournir le prochain. Tout l’enjeu sera de prouver que la mémoire de la guerre du Tigré, encore brûlante, suffira à retenir les deux capitales au bord du précipice.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Pourquoi l'Éthiopie réclame-t-elle un accès à la mer Rouge ?
Depuis l'indépendance de l'Érythrée en 1993, l'Éthiopie est le pays sans littoral le plus peuplé du monde et dépend de Djibouti pour environ 95 % de son commerce. Abiy Ahmed présente l'accès à un port souverain comme une question « existentielle » pour ses 130 millions d'habitants et une économie en forte croissance.
Pourquoi les troupes érythréennes sont-elles toujours au Tigré ?
Entrées en 2020 aux côtés de l'armée fédérale contre le Front de libération du peuple du Tigré, elles ne sont jamais reparties. L'accord de Pretoria de novembre 2022, conclu sans l'Érythrée et sans la nommer, prévoyait le retrait des « forces étrangères », mais Asmara ne s'estime pas liée par un texte qu'elle n'a pas signé.
Une guerre ouverte est-elle probable en 2026 ?
Les analystes la jugent possible mais pas inéluctable. L'épuisement mutuel, les contraintes économiques et la crainte de nouvelles sanctions freinent les deux camps. Le risque principal vient d'un incident frontalier ou d'une guerre par procuration au Tigré qui dégénérerait, plutôt que d'une offensive frontale décidée à froid.
Quelles puissances étrangères sont impliquées ?
Les Émirats arabes unis soutiennent financièrement et militairement Addis-Abeba depuis 2018. À l'inverse, l'Égypte, rivale de l'Éthiopie sur le Nil, et l'Arabie saoudite se rapprochent d'Asmara. Les deux camps se retrouvent aussi sur des fronts opposés dans la guerre civile soudanaise, ce qui imbrique les rivalités régionales.
Sources
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Addis Insight, « Abiy Ahmed Declares: Ethiopia’s Red Sea “Mistake” Will Be Corrected », Addis Insight, 2 septembre 2025. https://addisinsight.net/2025/09/02/abiy-ahmed-declares-ethiopias-red-sea-mistake-will-be-corrected/ ↩ ↩2
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Wilson Center, « Ethiopia’s Tigray Conflict Peace Deal Showcased the African Union’s Peace Diplomacy, but Several Sticking Points Remain », Wilson Center, 2023. https://www.wilsoncenter.org/blog-post/ethiopias-tigray-conflict-peace-deal-african-union ↩ ↩2
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Al Jazeera, « Ethiopia demands Eritrea “immediately withdraw” troops from its territory », Al Jazeera, 8 février 2026. https://www.aljazeera.com/news/2026/2/8/ethiopia-demands-eritrea-immediately-withdraw-troops-from-its-territory ↩
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Ethiopia Insight, « Strategic Reversals: Abiy’s Miscalculation and the Tigray–Eritrea Realignment », Ethiopia Insight, 20 août 2025. https://www.ethiopia-insight.com/2025/08/20/strategic-reversals-abiys-miscalculation-and-the-tigray-eritrea-realignment/ ; Horn Review, « Debretsion’s TPLF Faction: Eritrea’s New Proxy Front », Horn Review, 2 octobre 2025. https://hornreview.org/2025/10/02/debretsions-tplf-faction-eritreas-new-proxy-front/ ↩ ↩2
-
Al Jazeera, « Ethiopia rules out conflict with Eritrea over Red Sea access », Al Jazeera, 20 mars 2025. https://www.aljazeera.com/news/2025/3/20/ethiopia-rules-out-conflict-with-eritrea-over-red-sea-access ↩ ↩2
-
Addis Standard, « ENDF says denying Red Sea and Assab Port claim amounts to “banditry” », Addis Standard, 2025. https://addisstandard.com/endf-says-denying-red-sea-and-assab-port-claim-amounts-to-banditry/ ↩
-
Eritrea Ministry of Information, « Ethiopia’s Untenable Red Sea Ambitions », Shabait, 19 mai 2025. https://shabait.com/2025/05/19/ethiopias-untenable-red-sea-ambitions/ ; « Ethiopia’s Assab Port Obsession: Beyond the Realm of Rationality », Shabait, 24 octobre 2025. https://shabait.com/2025/10/24/ethiopias-assab-port-obsession-beyond-the-realm-of-rationality/ ↩ ↩2
-
GOV.UK, « Country policy and information note: national service and illegal exit, Eritrea, December 2025 », UK Home Office, décembre 2025. https://www.gov.uk/government/publications/eritrea-country-policy-and-information-notes/country-policy-and-information-note-national-service-and-illegal-exit-eritrea-december-2025-accessible ↩ ↩2
-
The Africa Report, « Ethiopian foreign minister accuses Eritrea of “actively preparing to wage war” », The Africa Report, octobre 2025. https://www.theafricareport.com/394414/ethiopian-foreign-minister-accuses-eritrea-of-actively-preparing-to-wage-war/ ↩
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International Crisis Group, « Ethiopia, Eritrea and Tigray: A Powder Keg in the Horn of Africa », International Crisis Group, briefing n°210, février 2026. https://www.crisisgroup.org/brf/africa/ethiopia-eritrea/b210-ethiopia-eritrea-and-tigray-powder-keg-horn-africa ↩ ↩2
-
The Soufan Center, « Ethiopia and Eritrea Edge Toward a Renewed War in the Horn of Africa », The Soufan Center, IntelBrief, 7 novembre 2025. https://thesoufancenter.org/intelbrief-2025-november-7/ ↩ ↩2 ↩3
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The Arab Weekly, « Why Ethiopia is betting on Sudan’s RSF », The Arab Weekly, 2025. https://thearabweekly.com/why-ethiopia-betting-sudans-rsf ↩ ↩2
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The National, « Egypt deepens ties with Eritrea as it seeks to isolate Ethiopia in Horn of Africa », The National, 17 mai 2026. https://www.thenationalnews.com/news/mena/2026/05/17/egypt-deepens-ties-with-eritrea-as-it-seeks-to-isolate-ethiopia-in-horn-of-africa/ ↩
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Chatham House, « Ethiopia needs more than an election to calm internal and regional conflict », Chatham House, mai 2026. https://www.chathamhouse.org/2026/05/ethiopia-needs-more-election-calm-internal-and-regional-conflict ↩
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