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Conflit israélo-palestinien : histoire et état des lieux 2026

Des origines du conflit israélo-palestinien au cessez-le-feu de 2025 à Gaza : repères historiques, bilan humain et recompositions diplomatiques récentes.

Par ISS12 décembre 2024, mis à jour le 4 juin 2026Lecture 6 min
Bâtiments détruits dans la bande de Gaza après les bombardements, illustration du conflit israélo-palestinien.
Bâtiments détruits dans la bande de Gaza après les bombardements, illustration du conflit israélo-palestinien. (Image d'illustration IA © ISS 2024)

À retenir

  1. Le conflit plonge ses racines dans le mandat britannique, la déclaration Balfour de 1917 et le partage onusien de 1947.
  2. L'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 a fait environ 1 200 morts en Israël et 251 otages ; la riposte a dévasté Gaza.
  3. Un premier cessez-le-feu a eu lieu en janvier 2025, suivi d'une reprise des combats, puis d'une trêve en octobre 2025.
  4. La famine a été officiellement déclarée à Gaza-ville en août 2025 par la classification IPC.
  5. France, Royaume-Uni, Canada et Australie ont reconnu un État de Palestine en septembre 2025.

Un siècle de promesses contradictoires, trois guerres en une génération, et une journée d’octobre qui a tout fait basculer. Le conflit israélo-palestinien n’est pas une crise récente : c’est une fracture ancienne, ravivée le 7 octobre 2023 et redessinée, depuis, par une guerre dévastatrice et une vague de reconnaissances diplomatiques. En voici les repères et l’état le plus récent.

Des promesses d’empire à la naissance d’Israël

Tout commence à la fin du XIXe siècle, quand le mouvement sioniste appelle à l’établissement d’un foyer national juif en Palestine, alors province ottomane. La déclaration Balfour du 2 novembre 1917, par laquelle Londres se dit favorable à ce foyer, change la donne1. Après 1918, la Palestine passe sous mandat britannique ; l’immigration juive s’intensifie et les tensions avec la population arabe s’aggravent.

Le 29 novembre 1947, le plan de partage de l’ONU prévoit deux États, l’un juif, l’autre arabe. Les dirigeants juifs l’acceptent ; les États arabes le rejettent. La proclamation de l’État d’Israël, le 14 mai 1948, est aussitôt suivie de la première guerre israélo-arabe — et de l’exode de centaines de milliers de Palestiniens, que ces derniers nomment la Nakba (« catastrophe »). Le cycle est lancé.

Guerres, occupation et espoirs déçus

Les décennies suivantes empilent les ruptures. La guerre des Six Jours de 1967 voit Israël occuper la Cisjordanie, Gaza, le Sinaï et le Golan. La guerre du Kippour de 1973, puis l’invasion du Liban en 1982 — qui favorise l’émergence du Hezbollah — prolongent l’affrontement.

Les accords d’Oslo de 1993 font naître un espoir : création de l’Autorité palestinienne, perspective d’un État. Mais l’échec du sommet de Camp David en 2000 et la seconde Intifada renvoient à la violence. En 2007, le Hamas, mouvement islamiste fondé en 1987, prend le contrôle de Gaza, scindant durablement le camp palestinien entre l’enclave et la Cisjordanie dirigée par le Fatah, où se poursuit l’expansion des colonies israéliennes. Gaza connaît ensuite plusieurs confrontations majeures avec Israël, en 2008-2009, 2012, 2014 et 2021.

Le 7 octobre 2023 et la guerre de Gaza

Le 7 octobre 2023 marque un tournant. Le Hamas franchit la barrière de sécurité et attaque le sud d’Israël : environ 1 200 personnes sont tuées et 251 otages enlevés vers Gaza, selon les chiffres israéliens largement repris2. C’est l’attaque la plus meurtrière de l’histoire du pays, et un échec retentissant pour la doctrine militaire israélienne, longtemps fondée sur le renseignement et la technologie.

La riposte est d’une ampleur sans précédent. L’offensive israélienne, terrestre et aérienne, vise à détruire le Hamas mais provoque des destructions massives et un bilan humain très lourd. Au 17 décembre 2025, le ministère de la Santé de Gaza recense 70 668 Palestiniens tués et 171 152 blessés3. Une étude indépendante publiée dans The Lancet Global Health estime même à environ 75 200 le nombre de morts violentes pour la seule période d’octobre 2023 à janvier 2025, soit un tiers de plus que les chiffres officiels pour cet intervalle4. En août 2025, la classification IPC — référence onusienne en matière de sécurité alimentaire — déclare l’état de famine à Gaza-ville5. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qualifie la situation de « catastrophe d’origine humaine […] et d’échec de l’humanité elle-même »5.

Trêves, otages et reprise des combats

La diplomatie finit par produire des résultats, fragiles. Un premier cessez-le-feu et un échange d’otages contre des prisonniers palestiniens sont annoncés le 15 janvier 20256. La trêve s’effondre cependant en mars, avec la reprise des frappes israéliennes le 18 mars 20255.

Un nouveau cessez-le-feu, négocié sous l’égide des États-Unis, du Qatar et de l’Égypte, entre en vigueur le 10 octobre 20257. Israël se retire d’environ la moitié de la bande de Gaza dans les premières heures. Le 13 octobre, les vingt derniers otages vivants sont libérés, en échange d’environ 2 000 prisonniers palestiniens6. Début 2026, une nouvelle phase reste en négociation : elle pourrait inclure le déploiement d’une force internationale et le désarmement du Hamas, mais des frappes et des attaques meurtrières continuaient d’être signalées de part et d’autre8.

Un conflit qui déborde sur toute la région

La guerre de Gaza n’est jamais restée confinée à l’enclave. Au Liban, après plus d’un an d’échanges de tirs, Israël a porté des coups sévères au Hezbollah à l’automne 2024, avant un cessez-le-feu conclu le 26 novembre 2024 — le premier front du conflit à connaître un accord9. Cette trêve est demeurée fragile : les Casques bleus de l’ONU ont relevé plus de 10 000 violations, attribuées en majorité aux forces israéliennes, tandis que l’Iran cherchait à réarmer le mouvement chiite9.

L’affaiblissement du Hezbollah a eu un effet en chaîne : il a facilité, en décembre 2024, la chute du président syrien Bachar al-Assad, allié de Téhéran9. Au Yémen, les Houthis ont multiplié les attaques contre des navires en mer Rouge en « solidarité » avec Gaza, avant de les suspendre après le cessez-le-feu d’octobre 20259. Début 2026, une confrontation directe entre Israël, les États-Unis et l’Iran a encore élargi le théâtre des opérations10. Le fil rouge palestinien se trouve ainsi entrelacé à une rivalité régionale bien plus vaste.

Un isolement diplomatique qui se cristallise

La guerre a profondément modifié la position internationale d’Israël. En septembre 2025, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, la France, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie reconnaissent un État de Palestine11. Environ 147 États le reconnaissaient déjà ; le geste reste largement symbolique sans l’aval des États-Unis, qui peuvent bloquer toute adhésion pleine et entière11. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio juge ces annonces « largement sans pertinence », estimant qu’un État palestinien ne pourra naître que d’une négociation avec Israël11.

Sur le plan judiciaire, deux procédures pèsent. L’Afrique du Sud poursuit Israël devant la Cour internationale de Justice pour génocide ; après plusieurs ordonnances de mesures conservatoires en 2024, l’examen au fond se poursuit, Israël ayant obtenu un report de son contre-mémoire au 12 janvier 202612. Israël rejette fermement ces accusations. En parallèle, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité — sans charge de génocide12.

Ce qu’il faudra surveiller

L’équation reste suspendue à quelques inconnues. La trêve d’octobre 2025 tiendra-t-elle assez longtemps pour ouvrir une transition durable à Gaza ? Le désarmement du Hamas et la question de la gouvernance de l’enclave demeurent les nœuds les plus serrés. Côté israélien, l’avenir politique de Benjamin Netanyahou, le poids des partis religieux dans la coalition et la pression des familles d’otages continuent de structurer le débat interne. À l’extérieur, les exportations de technologie militaire israélienne restent un levier diplomatique scruté de près. Et la vague de reconnaissances d’un État palestinien, si elle ne change rien dans l’immédiat, redéfinit le cadre dans lequel toute négociation future devra s’inscrire. Plus qu’un retour à la normale, c’est une recomposition régionale qui se joue.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quand le conflit israélo-palestinien a-t-il commencé ?

Ses racines remontent à la fin du XIXe siècle et au mandat britannique sur la Palestine. La déclaration Balfour de 1917, puis le plan de partage onusien de 1947 et la création d'Israël en 1948 marquent les jalons fondateurs d'un affrontement qui dure depuis.

Que s'est-il passé le 7 octobre 2023 ?

Le Hamas a lancé depuis Gaza une attaque de grande ampleur contre le sud d'Israël, tuant environ 1 200 personnes et enlevant 251 otages. Israël a riposté par une vaste offensive militaire à Gaza, ouvrant la phase la plus meurtrière du conflit.

Un cessez-le-feu est-il en vigueur à Gaza ?

Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre 2025, après une première trêve début 2025 rompue en mars. Les derniers otages vivants ont été libérés mi-octobre 2025. Une nouvelle phase, incluant désarmement et force internationale, restait en négociation début 2026.

Quels pays ont reconnu l'État de Palestine en 2025 ?

En septembre 2025, la France, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie ont formellement reconnu un État de Palestine en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Environ 147 États le reconnaissaient déjà, mais les États-Unis s'y opposent.

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Rédaction · Analyse stratégique

L'Institut des Sciences Stratégiques publie des analyses indépendantes sur la géopolitique, la défense et les transformations du pouvoir au XXIe siècle.

ThèmesIsraël

Sources

  1. Council on Foreign Relations, « The Quest for Palestinian Statehood: What to Know », CFR, 2025. https://www.cfr.org/articles/quest-palestinian-statehood-what-know

  2. Encyclopædia Britannica, « Israel-Hamas War: Ceasefire and hostage exchange (January–March 2025) », Britannica, 2025. https://www.britannica.com/event/Israel-Hamas-War/Ceasefire-and-hostage-exchange-January-March-2025

  3. OCHA, « Humanitarian Situation Update | Gaza Strip », Nations Unies / OCHA oPt, décembre 2025. https://www.ochaopt.org/content/humanitarian-situation-update-294-gaza-strip

  4. The Lancet Global Health, « Violent and non-violent death tolls for the Gaza conflict: new primary evidence from a population-representative field survey », The Lancet Global Health, 2025. https://www.thelancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(25)00522-4/fulltext

  5. UN News, « Security Council must seize ‘moment of renewed hope’ in Gaza », Nations Unies, novembre 2025. https://news.un.org/en/story/2025/11/1166439 2 3

  6. NBC News, « Israel and Hamas begin ceasefire after hostage release deal is approved », NBC News, octobre 2025. https://www.nbcnews.com/world/middle-east/live-blog/live-updates-israel-hamas-ceasefire-hostage-release-rcna236811 2

  7. The Washington Post, « Israel’s cabinet approves ceasefire deal, advancing hostage release timeline », The Washington Post, 9 octobre 2025. https://www.washingtonpost.com/world/2025/10/09/israel-hamas-gaza-deal-ceasefire-live/

  8. FDD’s Long War Journal, « Israel rotates military units in Gaza as new phase of ceasefire deal looms », FDD’s Long War Journal, décembre 2025. https://www.longwarjournal.org/archives/2025/12/israel-rotates-military-units-in-gaza-as-new-phase-of-ceasefire-deal-looms.php

  9. ACLED, « Israel recalibrates its military campaigns in a region still on edge », ACLED, 2025. https://acleddata.com/report/israel-recalibrates-its-military-campaigns-region-still-edge 2 3 4

  10. Encyclopædia Britannica, « 2026 Iran war », Britannica, 2026. https://www.britannica.com/event/2026-Iran-war

  11. CNN, « France leads a number of nations recognizing Palestinian state amid anger over Israel’s conduct in Gaza war », CNN, 22 septembre 2025. https://www.cnn.com/2025/09/22/middleeast/france-palestine-state-recognition-united-nations-intl-latam 2 3

  12. Cour internationale de Justice, « Application of the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide in the Gaza Strip (South Africa v. Israel) », CIJ, 2025. https://www.icj-cij.org/case/192 2

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