La sécurité du Sinaï et la lutte antiterroriste
Insurrection jihadiste affaiblie, frontière de Gaza sous tension, militarisation contestée : le Sinaï, laboratoire sécuritaire du Caire entre antiterrorisme et guerre régionale.

À retenir
- L'insurrection de la Province du Sinaï (Wilayat Sinaï) de l'État islamique a été largement étouffée depuis l'opération « Sinaï 2018 » et n'a plus revendiqué d'attaque majeure depuis février 2023, mais Le Caire n'a jamais proclamé sa victoire.
- L'enrôlement des tribus bédouines, l'Union des tribus du Sinaï et son chef Ibrahim al-Organi, a été décisif dans l'attrition des jihadistes, au prix d'une délégation de la violence et d'une économie de rente frontalière controversée.
- La guerre de Gaza a rouvert le dossier : crainte d'un déplacement forcé de Palestiniens vers le Sinaï, érigé en « ligne rouge » par Le Caire, et tensions autour du corridor de Philadelphie et de Rafah.
- La militarisation accrue de la péninsule, dénoncée par Israël comme une entorse à l'annexe militaire du traité de 1979, nourrit une méfiance réciproque entre deux partenaires de paix.
- Les organisations de défense des droits humains documentent un coût humain élevé, démolitions massives à Rafah, déplacements, abus, que le récit officiel de « développement » occulte.
Dans le nord de la péninsule du Sinaï, le silence des armes n’est pas la paix. Cela fait plus de trois ans, depuis février 2023, que la Province du Sinaï de l’État islamique n’a plus revendiqué d’attaque d’envergure1. Pourtant, le pouvoir égyptien n’a jamais prononcé le mot de « victoire ». Et pour cause : à quelques kilomètres de là, la guerre de Gaza a transformé une frontière déjà sous tension en faille géopolitique majeure, où se jouent à la fois la lutte antiterroriste, la souveraineté nationale et un demi-siècle d’équilibre avec Israël. Le Sinaï, longtemps angle mort sécuritaire, est redevenu le point névralgique de la stratégie du Caire.
Une insurrection étouffée mais jamais déclarée vaincue
L’histoire de la violence jihadiste dans le Nord-Sinaï est ancienne, mais elle bascule en 2014, lorsque le groupe Ansar Beit al-Maqdis prête allégeance à l’État islamique et devient la « Wilayat Sinaï », la Province du Sinaï. En une décennie, le groupe revendique plus de cinq cents attaques, visant essentiellement les forces de sécurité égyptiennes, mais aussi des civils chrétiens et soufis2. Le massacre de la mosquée d’al-Rawda, en novembre 2017, qui fit plus de trois cents morts, reste le pic d’horreur de cette insurrection.
La réponse de l’armée fut tardive puis massive. En février 2018, Le Caire lance l’opération « Sinaï 2018 », la campagne anti-insurrectionnelle la plus vaste de son histoire récente, déployée à la fois dans le Sinaï et à l’ouest du canal de Suez2. Les résultats tactiques sont réels : le nombre d’attaques chute drastiquement, et depuis 2020, le groupe peine à opérer hors du gouvernorat du Nord-Sinaï3. Human Rights Watch a estimé que la Province du Sinaï était quasi « éradiquée » fin 20221. Les analystes du Washington Institute parlent même d’un « succès » de la contre-insurrection égyptienne3.
Mais ce succès est qualifié. La stratégie de l’armée a longtemps relevé du containment et de l’attrition plus que de l’éradication, et le porte-parole militaire n’a donné aucun bilan détaillé de l’opération depuis 20192. Surtout, l’absence de revendication n’équivaut pas à la disparition : des cellules résiduelles subsistent, et la péninsule demeure un terrain propice. Le Sinaï s’inscrit ainsi dans une géographie jihadiste plus large, depuis le Sahel jusqu’à la Corne de l’Afrique, dont la résilience nourrit l’expansion jihadiste en Afrique et déjoue régulièrement les annonces prématurées de défaite.
Les tribus, armée supplétive et angle mort
Le tournant décisif de la contre-insurrection ne fut pas seulement militaire : il fut tribal. Confronté à la difficulté de quadriller un territoire qu’il connaît mal, le pouvoir s’est tourné vers les Bédouins du Sinaï, longtemps marginalisés et soupçonnés de connivence avec les contrebandiers. À partir de 2015, des accords se nouent avec des chefs des tribus Tarabin, Sawarka et Rumailat4. En 2015 émerge l’Union des tribus du Sinaï, refondée en 2022, qui devient le bras supplétif de l’armée dans la traque des jihadistes5.
Cette force est incarnée par un homme : Ibrahim al-Organi, ancien contrebandier devenu magnat des affaires et figure tribale la plus influente de la péninsule, allié du président Abdel Fattah al-Sissi6. En décembre 2025 encore, l’Union des tribus annonçait avoir tué deux membres de la Province du Sinaï lors d’une opération conjointe avec l’armée5. Ces milices, les plus visiblement engagées aux côtés des militaires, ont aussi été les plus ciblées par les représailles jihadistes4.
L’enrôlement tribal a un revers. Il revient à déléguer la violence à des acteurs non étatiques et à conforter une économie de rente frontalière opaque. Au cœur de la guerre de Gaza, la société Hala Consulting, propriété du groupe Organi, a détenu un quasi-monopole sur les transferts de Palestiniens fuyant l’enclave par Rafah, facturant jusqu’à 5 000 dollars par adulte, contre 350 dollars avant le conflit, soit des dizaines de millions de dollars en quelques mois selon Middle East Eye6. Le ministre égyptien des Affaires étrangères a démenti que son gouvernement cautionnât ces pratiques6. Mais l’épisode illustre la zone grise dans laquelle prospère la gouvernance sécuritaire du Sinaï.
« Le Sinaï est une ligne rouge » : la hantise du transfert
La guerre déclenchée le 7 octobre 2023 a rouvert le dossier le plus explosif pour Le Caire : celui d’un déplacement de population gazaouie vers son territoire. Dès le début du conflit, des responsables israéliens et, en 2025, l’administration américaine ont évoqué l’idée de « relocaliser » des Palestiniens de Gaza vers l’Égypte et la Jordanie7. Le président Donald Trump a publiquement défendu un plan de transfert de la population de Gaza, suscitant un rejet immédiat et coordonné de l’Égypte, de la Jordanie, de l’Arabie saoudite et de la Ligue arabe7.
Pour Le Caire, il ne s’agit pas d’une posture mais d’une doctrine de sécurité nationale. Un afflux massif de réfugiés palestiniens, dont certains pourraient être liés au Hamas, risquerait de réactiver l’insurrection, d’importer le conflit sur le sol égyptien et de liquider de fait la cause palestinienne8. Dans les rues du Caire, manifestants et slogans, « le Sinaï est une ligne rouge » , ont traduit un rare consensus national8. L’Égypte a répliqué par un contre-plan : la reconstruction de Gaza avec maintien des Palestiniens sur leur terre8.
Cette crainte du transfert ne peut se comprendre sans la mémoire de Rafah. Côté égyptien de la ville, l’armée a rasé un quartier entier pour créer une zone tampon contre les tunnels. Human Rights Watch a documenté la démolition d’au moins 7 460 bâtiments dans la seule zone de Rafah à la mi-2020 et le déplacement de quelque 41 000 résidents à l’automne 2018, des actes que l’organisation a qualifiés de possibles crimes de guerre9. Le souvenir de ces évictions explique en partie pourquoi le pouvoir refuse d’ouvrir le Sinaï à une nouvelle vague de population.
Philadelphie, Rafah : la frontière comme champ de bataille
Le point de friction le plus aigu avec Israël se cristallise sur le corridor de Philadelphie, étroite bande d’environ quatorze kilomètres courant le long de la frontière entre Gaza et l’Égypte, de la Méditerranée à Kerem Shalom10. En mai 2024, lors de l’offensive sur Rafah, l’armée israélienne s’en est emparée, invoquant la nécessité de couper la contrebande d’armes par tunnels10.
Pour Israël, ce corridor est une « zone tampon » comparable à celles établies au sud-Liban ou au sud de la Syrie. La problématique des tunnels et de la guerre souterraine est d’ailleurs au cœur de l’évolution de la doctrine militaire d’Israël pour la guerre souterraine, tandis que la reconquête de Rafah a prolongé les enseignements de la guerre urbaine et l’approche innovante d’Israël. Mais pour Le Caire, la présence militaire israélienne sur cette ligne démilitarisée par les accords issus du traité de 1979 constitue une entorse grave10. Le maintien de cette emprise, malgré un engagement de retrait pris en janvier 2025, a contribué à enrayer les phases ultérieures de cessez-le-feu10.
Le passage de Rafah lui-même est devenu un symbole. Fermé pendant plus de deux ans, il a partiellement rouvert le 2 février 2026, sous supervision de la mission civile européenne EUBAM et coordination égyptienne, avec un quota d’environ cinquante passages par jour dans chaque sens, à pied11. Cette réouverture, inscrite dans le plan de paix endossé par la résolution 2803 du Conseil de sécurité, reste fragile et hautement symbolique : elle conditionne autant l’accès humanitaire que la posture sécuritaire des deux rives.
La militarisation, ou le paradoxe d’une paix armée
Pendant que Le Caire dénonce les manquements israéliens, c’est désormais sa propre présence militaire qui inquiète Israël. Le traité de 1979, négocié à Camp David, divise le Sinaï en quatre zones (de la zone A, proche du canal, à la zone D, le long de la frontière) et plafonne les forces autorisées de part et d’autre, son annexe militaire étant conçue précisément pour empêcher la remilitarisation de la péninsule12.
Or, depuis 2024, des responsables et instituts israéliens accusent l’Égypte d’avoir massivement dépassé ces seuils. Selon ces sources, la présence militaire égyptienne aurait quadruplé : là où le traité autorise des camps pour 47 bataillons, il en existerait quatre fois plus, avec de nouvelles pistes d’aviation et des tunnels13. À l’automne 2025, le Premier ministre israélien aurait demandé à Washington de presser Le Caire de réduire ce dispositif14. L’Égypte rétorque que ces forces visent à sécuriser ses frontières contre le terrorisme et la contrebande, dans le cadre d’une coordination avec les parties au traité13.
Ce dialogue de sourds révèle une vérité dérangeante : la paix entre les deux voisins repose sur une confiance désormais érodée. Chacun militarise en invoquant l’autre. Le Sinaï, dont la sécurisation justifie l’envoi de troupes, devient ainsi le théâtre d’une compétition silencieuse, où la lutte antiterroriste se mêle à une logique de dissuasion classique. Ce dilemme rejoint les interrogations sur les capacités des forces spéciales d’Israël face aux menaces changeantes et, plus largement, sur les dynamiques militantes transfrontalières que l’on retrouve dans l’impact de la survie d’Assad sur la sécurité régionale.
Récit du développement contre récit du coût humain
Le pouvoir égyptien a sa propre grille de lecture, qu’il diffuse abondamment. Selon le quotidien semi-officiel Ahram Online, le président al-Sissi a présenté la victoire dans le Sinaï comme « non moins importante » que celle de la guerre d’Octobre 1973, et résume sa doctrine d’une formule : « le développement du Sinaï égale la sécurité nationale »15. Le gouvernement met en avant des dizaines de milliards de dollars d’investissements dans la reconstruction et le désenclavement de la péninsule depuis 201415. Dans ce récit, l’antiterrorisme cède la place à la prospérité, et la souveraineté est érigée en principe « non négociable ».
À ce discours répond celui des médias indépendants et des organisations de droits humains. Le site Mada Masr, critique du régime, a documenté en détail la recomposition tribale et les angles morts de la guerre dans le Sinaï5. Human Rights Watch a, pour sa part, dressé un bilan sévère : démolitions massives, déplacements forcés, compensations inexistantes pour les terres agricoles, possibles crimes de guerre9. Entre le récit du Caire (souveraineté, stabilité, reconstruction) et celui des ONG (coût humain, opacité, impunité), le fossé reste entier, faute d’accès indépendant durable à une zone longtemps interdite à la presse.
Au fond, le Sinaï condense toutes les contradictions de la stratégie égyptienne. La menace jihadiste a reflué, mais sa résurgence reste possible si la guerre de Gaza déborde. La frontière est verrouillée, mais cette fermeture a un coût humain et alimente la profitation. La militarisation rassure Le Caire, mais elle fragilise le pilier de sa diplomatie : la paix de 1979. Pour l’Égypte, sécuriser le Sinaï n’est pas un objectif technique parmi d’autres ; c’est une équation existentielle dont aucune des inconnues n’est aujourd’hui résolue.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la Province du Sinaï (Wilayat Sinaï) ?
C'est la branche de l'État islamique dans la péninsule du Sinaï, héritière du groupe Ansar Beit al-Maqdis qui prêta allégeance à Daech fin 2014. Responsable de plus de 500 attaques depuis lors, principalement contre les forces de sécurité égyptiennes, elle a été fortement affaiblie depuis 2018 et n'a plus revendiqué d'attaque depuis février 2023, sans que Le Caire ne proclame officiellement sa défaite.
Pourquoi le déplacement de Palestiniens vers le Sinaï est-il une « ligne rouge » pour Le Caire ?
L'Égypte redoute qu'un transfert, même présenté comme temporaire, de Gazaouis dans le Sinaï ne devienne permanent, ne liquide de fait la cause palestinienne, n'importe le conflit avec Israël sur son sol et ne réactive l'insurrection jihadiste. Le slogan « le Sinaï est une ligne rouge » résume un consensus national qui transcende l'opposition au régime.
Qu'est-ce que le corridor de Philadelphie ?
C'est une étroite bande frontalière d'environ 14 kilomètres entre Gaza et l'Égypte, démilitarisée par les accords découlant du traité de paix de 1979 et de l'accord de 2005. L'armée israélienne s'en est emparée en mai 2024, invoquant la lutte contre la contrebande d'armes par tunnels, ce que Le Caire a jugé contraire aux engagements de paix.
En quoi la militarisation du Sinaï pose-t-elle problème au regard du traité de 1979 ?
L'annexe militaire du traité divise la péninsule en zones et plafonne les forces autorisées près de la frontière. Israël accuse Le Caire d'avoir multiplié bases, pistes d'aviation et bataillons au-delà de ces limites. L'Égypte répond que ces déploiements visent le terrorisme et la contrebande et sont coordonnés avec les parties au traité.
Sources
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New Lines Institute, « ISIS in the Sinai: A Persistent Threat for Egypt », New Lines Institute for Strategy and Policy, 2023. https://newlinesinstitute.org/nonstate-actors/isis-in-the-sinai-a-persistent-threat-for-egypt/ ↩ ↩2
-
Carnegie Endowment, « The Egyptian Military’s Terrorism Containment Campaign in North Sinai », Sada / Carnegie Endowment for International Peace, 2020. https://carnegieendowment.org/sada/82218 ↩ ↩2 ↩3
-
Washington Institute, « Egypt’s Counterinsurgency Success in Sinai », The Washington Institute for Near East Policy, 2023. https://www.washingtoninstitute.org/policy-analysis/egypts-counterinsurgency-success-sinai ↩ ↩2
-
Atlantic Council, « A New Sinai Battle? Bedouin Tribes and Egypt’s ISIS Affiliate », Atlantic Council MENASource, 2020. https://www.atlanticcouncil.org/blogs/menasource/a-new-sinai-battle-bedouin-tribes-and-egypt-s-isis-affiliate/ ↩ ↩2
-
Mada Masr (indépendant, critique), « Meet the newly remade Union of Sinai Tribes, the force taking over the fight in Sinai », Mada Masr, 24 mai 2022. https://www.madamasr.com/en/2022/05/24/feature/politics/meet-the-newly-remade-union-of-sinai-tribes-the-force-taking-over-the-fight-in-sinai/ ↩ ↩2 ↩3
-
Middle East Eye, « An Egypt firm is making $2m a day from Palestinians fleeing Israel’s war on Gaza », Middle East Eye, 2024. https://www.middleeasteye.net/news/egypt-firm-palestinians-fleeing-war-gaza ↩ ↩2 ↩3
-
CBS News, « Arab nations reject Trump’s suggestion to relocate Palestinians to Egypt, Jordan », CBS News, février 2025. https://www.cbsnews.com/news/arab-nations-reject-trump-palestinian-suggestion/ ↩ ↩2
-
NPR, « Trump wants Palestinians out of Gaza. Here are Egypt’s plans to keep them there », NPR, 3 mars 2025. https://www.npr.org/2025/03/03/g-s1-51326/gaza-reconstruction-cairo-egypt ↩ ↩2 ↩3
-
Human Rights Watch (organisation de défense des droits humains), « Egypt: Massive Sinai Demolitions Likely War Crimes », Human Rights Watch, 17 mars 2021. https://www.hrw.org/news/2021/03/17/egypt-massive-sinai-demolitions-likely-war-crimes ↩ ↩2
-
The New Arab, « How the Philadelphi Corridor could collapse Gaza’s ceasefire », The New Arab, 2025. https://www.newarab.com/analysis/how-philadelphi-corridor-could-collapse-gazas-ceasefire ↩ ↩2 ↩3 ↩4
-
EEAS / EUBAM Rafah (Union européenne), « Rafah Crossing Point reopens as EU border mission resumes operations », Service européen pour l’action extérieure, 2 février 2026. https://www.eeas.europa.eu/eu-border-assistance-mission-rafah-crossing-point/rafah-crossing-point-reopens-eu-border-mission-resumes-operations_en ↩
-
The Jerusalem Post (israélien, à signaler), « The ‘79 Israel-Egypt peace treaty and Sinai border security – explainer », The Jerusalem Post, 2023. https://www.jpost.com/israel-news/article-745197 ↩
-
The New Arab, « Egypt Sinai military build-up prompts Israeli surveillance », The New Arab, 2025. https://www.newarab.com/news/egypt-sinai-military-build-prompts-israeli-surveillance ↩ ↩2
-
Axios, « Scoop: Netanyahu asked U.S. to press Egypt on military build up in Sinai », Axios, 20 septembre 2025. https://www.axios.com/2025/09/20/egypt-military-build-up-sinai-israel-us ↩
-
Ahram Online (semi-officiel — à étiqueter), « Egypt waging ‘battle for development’ in Sinai after liberation from occupation and terrorism: Sisi », Ahram Online, 2022. https://english.ahram.org.eg/NewsContentP/1/496360/Egypt/Egypt-waging-%E2%80%98battle-for-development%E2%80%99-in-Sinai-aft.aspx ↩ ↩2
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